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31032011

Les petits points sont rouge…
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Qui adaptera LES YEUX JAUNES DES CROCODILES de Katherine Pancol au cinéma ?

25032011

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« Claude Lelouch, retenez-bien ce nom, vous n’en entendrez plus jamais parler. » voilà ce que disait Les Cahiers du cinéma à la sortie de son premier film en 1960 : Le Propre de l’homme.
Le cinéaste avait tellement été marqué par l’échec cuisant de ce film qu’il avait détruit les négatifs. Cinquante ans plus tard, Claude Lelouch continue de faire parler de lui car il était pressenti en Janvier 2010 pour adapter au cinéma Les yeux jaunes des crocodiles avant d’annoncer en Juin 2010 qu’il abandonnait ce projet. Avec Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues ou Les Écureuils de Central Park sont tristes le lundi, Katherine Pancol a remporté un immense succès qui l’a propulsé en tête des meilleures ventes de livres. Avec un brin de jalousie, car il ne vendra jamais autant de livres qu’elle, Patrick Besson suggère à Katherine Pancol d’intituler son prochain roman : Les haricots ne cuisent pas tout seuls dans la casserole. Et il faut reconnaître que le jour où Patrick Besson vendra autant de livres que Katherine Pancol, alors les carottes seront vraiment cuites pour la littérature Française !
Le premier volet de sa trilogie, Les yeux jaunes des crocodiles raconte l’histoire de deux soeurs, Joséphine et Iris que tout oppose. L’une habite en banlieue à Courbevoie, est passionnée par le XIIème siècle et par les livres sur le Moyen-Âge, et s’est fait plaquer par son mari. Elle doit donc faire face toute seule aux dettes que lui a laissé son mari pour élever ses deux filles, Hortense et Zoé. La deuxième soeur, Iris, a réussi dans la vie car elle a fait un beau mariage avec un brillant avocat et elle vit à Paris avec leur fils Alexandre. Mais passée la quarantaine, elle rêve d’épater son mari en écrivant un livre afin de mettre du piment dans sa vie de couple. Après avoir lancé l’idée dans un dîner, un éditeur la prend au pied de la lettre et lui demande de lui remettre les premiers feuillets de son manuscrit. Iris demande à sa soeur d’écrire le livre à sa place. En contrepartie, Iris usera de son charme pour assurer la promotion du bouquin sur les plateaux télé. Tout ce qui intéresse Iris Dupin, c’est les feux de la rampe. Elle est prête à céder tous les droits d’auteurs et les revenus engrangés par la vente de ce livre à sa soeur qui en a davantage besoin qu’elle.

Le nom de Claude Lelouch s’imposait dans la mesure où il s’est déjà distingué en réalisant des films choral (à l’instar de Robert Altman ou plus récemment de Alejandro Gonzalez Inarritu), d’où sa légitimité sur ce projet. Donc il n’aurait pas dû être déstabilisé par cet exercice de style qui consiste à mettre en scène une histoire dans laquelle gravite une quinzaine de personnages… Mais attention, la dernière fois qu’il a adapté un roman au cinéma c’était… Les misérables et on se souvient qu’il avait choisi Jean-Paul Belmondo dans le rôle de Jean Valjean et qu’il avait transposé l’histoire de Victor Hugo durant la seconde guerre mondiale!
En tout cas, il avait pris de l’avance dans l’adaptation de la saga de Katherine Pancol puisque des scènes du second volet étaient déjà tournées : La valse lente des tortues. En effet, dans le rôle de Philippe, il avait choisi Jean-Louis Trintignant et dans celui de Joséphine, Anouk Aimé. Chabadabada. A moins que ce ne soit Un homme et une femme qui ait inspiré la scène à la fin du livre de Katherine Pancol, dans laquelle Philippe retrouve Joséphine à Deauville un soir d’orage…
Mais la musique qui retentit dans le coeur de Joséphine est celle de Sinatra : DOUBIDOUBIDOU, Strangers in the night… Exchanging glances, lovers at first sight, in love for ever, doubidoubidou…
Le troisième volet de la trilogie s’intitule : Les Écureuils de Central Park sont tristes le Lundi. C’est pour cette raison qu’il faut lire ce livre un dimanche pour pouvoir apprécier toute la gaieté qui en émane! En tout cas, le reproche qui a été fait à ce roman, c’est qu’il met en valeur Hortense au détriment d’autres personnages qui seraient plus attachants! Paradoxalement, beaucoup de gens s’imaginent que Katherine Pancol se met en scène dans ses romans à travers le personnage de Joséphine qui est gauche, altruiste, cultivée, lettrée et qui écrit des livres qui rencontrent un immense succès. Eh bien, ils ont tort. Katherine Pancol n’aime pas beaucoup Joséphine même si elle en a fait un personnage sympathique et attachant qui a contribué au succès de sa trilogie. En réalité, Katherine Pancol aime davantage la personnalité de battante d’Hortense. Cette fille a une personnalité arriviste et opportuniste : elle a beaucoup de courage et elle veut tout mettre en oeuvre pour réussir. Les émotions sont pour elle un frein au succès, donc elle les refoule. Ça ne l’empêche pas d’avoir des idées et une sensibilité artistique qui lui permettent de faire la différence dans le milieu de la mode. Katherine Pancol l’a reconnu au cours d’interviews. Comme par hasard, Hortense est amoureuse de GARY, un personnage dont le prénom évoque le nom d’un très grand Écrivain. Dans La valse lente des tortues, Katherine Pancol a semé des cailloux comme le petit Poucet afin de permettre au lecteur de retrouver la trace qui mène à son père spirituel. Romain Gary a joué un rôle très important dans la carrière de Katherine Pancol : il a été comme un mentor… Ce grand mystificateur a remporté deux fois le prix Goncourt avec Les racines du Ciel (sous le nom de Romain Gary) et La vie devant soi (sous le pseudonyme d’Emile Ajar). Il a inspiré le personnage de GARY avec qui il entretient des similitudes : il a été élevé seul par sa mère qui a joué également un rôle de père pour lui. Pour Mina, la mère de Romain Gary, son fils était un prince…. Pour Shirley, Gary est le petit-fils de la reine d’Angleterre. On relèvera au passage que La valse lente des tortues est dédiée à Roman (le prénom de Roman Kacew alias Romain Gary). La citation qui figure en exergue du roman est de Romain Gary :
« C’est horrible de vivre une époque où au mot sentiment, on vous répond sentimentalisme. Il faudra bien pourtant q’un jour vienne où l’affectivité sera reconnue comme le plus grand des sentiments et rejettera l’intellect dominateur. »
Et Katherine Pancol cite plusieurs fois des passages de Clair de femme de Romain Gary au cours de son roman.
« Il irait jusqu’à la Serpentine et remonterait sur Bayswater. Ou il s’allongerait dans l’herbe et finirait son livre. Clair de femme de Romain Gary. J’aurais à lire des mots de Gary au Crapaud. Lui dire qu’un homme, un vrai, n’est pas celui qui claque les femmes ou se fait sucer par des anonymes goulues, mais celui qui écrit : « Je ne sais pas ce que c’est, la féminité. Peut-être est-ce seulement une façon d’être un homme. »"
Plus loin, on peut encore lire :
« Il referma Le Monde et sortit de sa poche le roman de Romain Gary. Il l’ouvrit au hasard et lut cette phrase :
« Aimer est la seule richesse qui croît avec la prodigalité. Plus on en donne et plus il vous en reste. »"
Enfin, dans ses remerciements à la fin du livre, elle fait allusion À Hildegarde (de Bingen? en référence au Moyen-Âge), Jean-Marie, et… Romain qui veillent sur elle, posés là -haut dans les Étoiles! C’est amusant de penser que Romain Gary qui est posé là -haut dans les étoiles est celui qui l’a mise sur orbite dans sa carrière d’écrivain!
Romain Gary a été le Pygmalion de Katherine Pancol car c’est lui qui lui a ouvert les portes de la littérature et qui l’a encouragé à publier son premier roman Moi d’abord alors qu’elle avait embrassé une carrière de journaliste à Paris-Match. C’est au cours de cette carrière de journaliste qu’elle a interviewé de nombreuses personnalités : Ronald Reagan, Meryl Streep, Louise Brooks et… Cary Grant!
Après le succès rencontré par Moi d’abord (il s’est quand même vendu À 300 000 exemplaires), elle est partie au Etats-Unis où elle a suivi un stage d’écriture qui lui a permis d’apprendre des techniques (du genre  » tout personnage doit avoir un secret « , etc…) Et d’écrire aujourd’hui des romans qui s’inscrivent dans une tradition anglo-saxonne de  » page-turners « …
A ceux qui se demandent à quoi ressemblent les trois derniers romans de Katherine Pancol j’aurai envie de répondre : « c’est un film de Lelouch adapté en roman à l’eau de rose par Frédéric Dard! » En effet, on retrouve la verve de Frédéric Dard dans la description de certains personnages truculents (notamment Marcel Grobz et sa choupette que l’auteur de San-Antonio n’aurait pas rénié!). La lecture Des yeux jaunes des crocodiles est jouissive.

A l’instar de Katherine Pancol qui, dans ses remerciements se tourne vers la voûte étoilée pour remercier les bonnes étoiles qui veillent sur elle, Joséphine, le personnage principal de son roman, scrute le ciel afin de communiquer avec son père qui veille là-haut sur elle… S’il y a beaucoup d’étoiles qui gravitent autour des romans à succès de Katherine Pancol, il ne manque plus que des stars pour incarner ses personnages au cinéma.
A la fin de son chef-d’œuvre, La promesse de l’aube, un récit autobiographique, Romain Gary a écrit : « qu’on veuille bien regarder attentivement le firmament, après ma mort : on y verra, aux côtés d’Orion, des Pléïades ou de la Grande Ourse, une constellation nouvelle : celle du Roquet humain accroché de toutes ses dents à quelque nez céleste. »




Au-delà : le film le plus abouti de l’introspecteur Harry!

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Le dernier long-métrage de Clint Eastwood Au-delà est un film choral dans lequel trois histoires différentes ont un dénominateur commun : les personnages sont confrontés à l’expérience de la mort.
Il se passe sur trois continents : en Asie où le film commence par nous relater le drame du Tsunami dont échappe in extremis une journaliste Française incarnée par Cécile de France. Un autre drame se noue à Londres en Europe où deux frères jumeaux sont élevés par leur mère qui est sous la dépendance de la drogue. Les deux enfants essaient de protéger leur mère contre l’assistance publique qui la surveille et qui menace de lui retirer leur garde. Ils sont très solidaires l’un de l’autre mais un jour, un des jumeaux, Jason, est agressé alors qu’il voulait acheter des médicaments pour sa mère. Enfin, la troisième histoire met en scène Matt Damon dans le rôle d’un médium qui vit aux Etats-Unis. Cet homme possède un don qu’il considère comme une malédiction. Il a des visions qui lui permettent de transmettre aux gens les propos que leur proches n’ont pas eu le temps de leur dire avant de mourir. Loin de lui faciliter la vie, ce contact avec l’au-delà nuit à sa relation avec les vivants et notamment avec les femmes car il ne peut avoir un rapport d’égal à égal avec elles. Vivre pour les morts, ce n’est pas vivre…
Le destin de ces trois héros, George le médium américain, Marie, la journaliste Française et Marcus l’enfant anglais vont se croiser à la fin du film. Au-delà pose la question de savoir s’il y a une vie après la mort ? Après tout, il existe bien une mort après la vie… Comment donner un sens à sa vie, quand le sens de la mort nous échappe ? C’est la question que se pose la journaliste incarnée par Cécile de France. J’ai adoré ce film d’une rare sensibilité où Clint Eastwood nous gratifie d’un extraordinaire numéro de haute voltige dans lequel il évite à la fois de tomber dans le piège d’un film mièvre et dans les écueils du mélo-drame.
Evidemment, Clint Eastwood, à plus de 80 ans, s’interroge sur la mort. Lorsque nous perdons un être proche, un être qui nous est cher, à l’instar de Marcus, qui voit son frère jumeau Jason disparaître, on est extrêmement choqué. On a tellement besoin de faire un travail de deuil que la plupart des gens se raccrochent aux voyants et aux charlatans qui leur promettent d’entrer en contact avec l’au-delà. Chassez le surnaturel, il revient au grand galop. Ce film se présente comme un conte philosophique qui pose deux questions :
Y’a t-t-il une vie après la mort ? Comment vaincre notre angoisse de la mort ?
A la première question, il répond qu’il y a une vie après la mort… surtout pour ceux qui restent. Le médium incarné par Matt Damon, George, délivre à la fin du film un très joli message à Marcus : « Ton frère n’est pas mort puisqu’il continue de vivre en toi et toi tu continues de vivre en lui. » Ce film évoque par son côté fantastique La ligne verte car George possède un don qui constitue comme un pouvoir surnaturel et qui lui permet en l’occurrence de servir de moyen de communication entre les morts et les vivants. On dit que le monde est davantage peuplé de morts que de vivants. Et ce n’est pas faux car les morts continuent d’influencer nos vies à travers leur héritage et tout ce qu’ils nous ont transmis à travers les âges. Face à une expérience de mort imminente, Marie, la journaliste incarnée par Cécile de France va voir sa vie bouleversée. La réussite professionnelle qu’elle connait perd toute valeur face au choc d’une telle expérience. Si haut qu’on monte, on finit toujours par des… cendres.
J’ai adoré ce film car le réalisateur, Clint Eastwood nous propose une réflexion très personnelle sur le sujet de la mort qui le touche. Jusqu’à maintenant, Clint Eastwood avait exalté une morale puritaine dans ses films en sondant les frontières qui séparent le bien et le mal. Le spectateur, peut se sentir mal à l’aise comme dans Million Dollars Baby, où loin de voir un film sur le sport, le dépassement de soi et l’amour de la boxe, il se retrouve à son insu confronté au problème de l’euthanasie. Telle une tarte à la crème, Clint Eastwood a également abordé le thème de la peine de mort dans Jugé coupable. Les personnages de ses films sont souvent psycho-rigides à l’image du réalisateur dont la personnalité de perfectionniste saute aux yeux. Il compare toujours ce qui est à ce qui devrait être et il propose des histoires souvent manichéennes qui mettent en scène l’antagonisme entre le bien et le mal. Dans Impitoyable, il évoque aussi des thèmes chers à la morale puritaine tels que la rédemption d’un cow-boy qui renie la vie de débauche qu’il avait mené avant de se marier.
Culpabilité, rédemption, sacrifice, limites entre le bien et le mal, sont les thèmes récurrents dans le cinéma de Clint Eastwood. Mais malgré le côté moralisateur de ses films, il faut reconnaître qu’il a un talent fou qui parvient malgré tout à capter l’attention du spectateur devant l’écran à travers des chef-d’oeuvres tels que Gran Torino, Sur la route de Madison, etc… Avec son nouveau film, Clint Eastwood va  » au-delà  » de ce qu’il fait habituellement pour nous proposer une oeuvre magnifique dignes des meilleurs films chorals de Alejandro Gonzalez Inarritu tels que 21 grammes ou Babel. Dans Au-delà, on trouve même des analogies avec le thème abordé par Biutiful et le héros incarné par Javier Bardem ressemble un peu à Matt Damon grâce à son don de voyance. Mais ce pouvoir est comme un sortilège et Georges troquerait bien la mort et le para-normal pour avoir une vie normale. Telle une fable philosophique, Au-delà nous enseigne que c’est lorsque Georges rencontre la femme de sa vie qu’il se délivre de ce mauvais sort car aimer, c’est tuer la mort.
Lorsqu’on meurt, on lègue son corps à l’absence. Quand nous perdons un être cher, on dit qu’il disparaît. Mais c’est comme les bateaux qui s’éloignent à l’horizon. Ce n’est pas parce qu’on ne les voit plus et qu’ils quittent notre champ de vision qu’ils n’existent plus. Ils continuent de vivre en nous à travers notre mémoire et en même temps ils existent dans un au-delà dont on ignore tout à l’instar du médium qui ne sait pas du tout à quoi il ressemble. Les êtres qui nous sont chers occupent une place d’autant plus grande dans notre coeur qu’ils ne sont plus là pour l’occuper.
Beaucoup de critiques reprochent à ce film son manque d’action, ses longueurs, il dure plus de deux heures, et il y a beaucoup de temps… morts. Après avoir longtemps exploré les frontières qui séparent le bien et le mal, Clint Eastwood s’intéresse maintenant à la frontière qui sépare la vie et la mort. « Partir, c’est mourir un peu, mais mourir, c’est partir beaucoup. » remarquait Alphonse Allais. Existe-t-il une passerelle entre notre monde et l’au-delà ?
Y a-t-il une vie après la mort ? Qui mourra verra!




L’homme qui voulait vivre sa vie d’Eric Lartigau

28102010

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L’homme qui voulait vivre sa vie est un film qui va sortir le 3 Novembre avec Niels Arestrup, Marina Foïs (la compagne du réalisateur : Eric Lartigau), Romain Duris et Catherine Deneuve.

Ce film est l’adaptation d’un roman de Douglas Kennedy qui porte le même titre. Comme tous ses romans qui se lisent d’une traite au cours d’une nuit d’insomnie, il s’inscrit dans la lignée de ce qu’on appelle aujourd’hui « un page-turner » car l’auteur excelle dans l’art de donner envie à son lecteur de tourner au plus vite la page suivante. Douglas Kennedy est fidèle à son habitude de décrire la descente aux enfers de son personnage principal. Quand Ben Bradford, le héros de ce roman, a touché le fond, il continue de creuser… Ses romans appartiennent à une tradition anglo-saxonne dans laquelle l’histoire est plus importante que le style. L’homme qui voulait vivre sa vie raconte l’histoire d’un avocat de Wall Street qui mène une vie paisible en apparence avec sa femme et ses deux enfants. Mais tous deux ont renoncé à leur rêve : lui, celui de devenir photographe et elle, celui de publier un roman.

La naissance de leur deuxième enfant, Josh, qui les réveille au milieu de la nuit avec ses cris, est le prétexte de leurs disputes fréquentes. Le nourrisson ne dort jamais plus de 5 heures d’affilée. Sa femme se détache de son mari progressivement, jusqu’au jour où il soupçonne qu’elle mène peut-être une double vie…

Le début du roman ressemble étrangement à un film américain sorti en 2002, avec Richard Gere et Diane Lane, d’Adrian Lyne : Infidèle.

En fait, le scénario du livre est pratiquement identique à celui de ce film jusqu’à la fameuse rencontre entre Richard Gere et Olivier Martinez (l’amant de sa femme) et au moment où le mari trompé perd le contrôle de lui-même et commet l’irréparable.

C’est à ce moment précis, que le roman de Douglas Kennedy va se rapprocher d’un deuxième film : Plein Soleil de René Clément avec Alain Delon ou si vous préférez, Le talentueux Monsieur Ripley d’Anthony Minghela qui est une version plus récente du roman de Patricia Highsmith avec entre autres Jude Law et Matt Damon…

L’homme qui voulait vivre sa vie, nous relate l’histoire d’un homme qui découvre que sa femme a une double vie. En voulant vivre sa vie, le héros, va vivre, en fait, la vie de quelqu’un d’autre… (comme dans le talentueux Mr Ripley). Il va usurper une identité qui n’est pas la sienne.

Donc je pars avec des a priori très négatifs sur le film car l’histoire a déjà été traitée plusieurs fois au cinéma.

Dans la vie de tous les jours on joue tous un personnage (en latin, persona signifie le masque). C’est pour cette raison que Sacha Guitry remarquait :  » Tous les hommes naissent comédiens sauf quelques acteurs.  » Entre ce que nous voulons être, ce que les autres veulent que l’on soit, ce que l’on croit être et ce que l’on est vraiment, il y a toujours une différence. Le héros du roman de Douglas Kennedy, joue un rôle, celui que d’autres ont déterminé à sa place (son père notamment) afin qu’il ait un certain prestige social. Mais il a renoncé à son rêve : exprimer son âme d’artiste à travers la photographie. La réussite sociale ne suffit pas à son épanouissement car l’argent n’est que la fausse monnaie du bonheur. Sa femme se détache de lui et il est malheureux. Que de temps perdu à vouloir gagner sa vie. C’est parce que nous passons davantage de temps à vouloir gagner notre vie qu’à la vivre que de plus en plus de gens, aujourd’hui, décident de tout abandonner pour recommencer à zéro. Les exemples foisonnent autour de nous et on pourrait d’ailleurs se demander pourquoi Eric Lartigau n’est pas aller chercher François-Xavier Demaisons pour jouer le rôle principal puisque ce roman de Douglas Kennedy raconte un peu sa vie : celle d’un golden boy à Wall Street qui a tout plaqué pour mener une existence de saltimbanque et d’artiste. Il est plus important de réussir sa vie que de réussir dans la vie… De plus en plus de gens, rêvent de quitter le confort d’une vie sédentaire et de mener une existence nomade en s’exilant dans des contrées lointaines aux antipodes : en Australie par exemple… Donc la thématique de ce film peut les interpeller. Car c’est lorsqu’on s’éloigne de tout que l’on se rapproche de l’essentiel. Le roman de Douglas Kennedy est intéressant car il pose une problématique : sommes-nous les acteurs de notre propre vie ou de simples spectateurs ? Comment peut-on créer sa propre réalité au lieu de la subir ? Peut-t-on renoncer au renoncement ? Comme dirait le poète Thorau :  » Si tu n’es pas toi-même, qui donc le sera ? »




L’implosion : le livre explosif du docteur Jean-Pierre Paclet

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Le Docteur Paclet a été pendant plus de 15 ans le médecin de l’équipe de France de Football. Mais il a été évincé à la suite de l’Euro 2008 en Suisse pris dans la tourmente de « l’affaire » Vieira. Ce livre lui offre une occasion de s’expliquer et de règler ses comptes avec Raymond Domenech qui lui a fait endosser sa faute : sélectionner Vieira à cette Euro alors qu’il s’était blessé…
Revenons d’abord sur son parcours atypique. Il se destinait à l’origine à des études d’ingénieur en faisant math sup et math spé, mais il n’a pas réussi dans cette branche. Contrairement, à la plupart de ses confrères, ce n’est pas la médecine qui lui a fait découvrir le football mais l’inverse. C’est le football qui lui a donné cette vocation de médecin. En effet, c’est en tant que joueur de football au PUC (Paris Université Club) et dans le cadre de l’ASSU (l’Association du Sport Scolaire et Universitaire) qu’il se distingue. Il évolue au poste de stoppeur. Après un bac C (scientifique) décroché avec mention bien et un an d’avance, il se destine dans un premier temps à des études d’ingénieurs. En Terminale, il atteind les demi-finales du championnat de Paris de l’ASSU. Et en classe préparatoire, il est tellement indispensable à son équipe, que le proviseur du Lycée Henri IV modifie les horaires du cours de mathématiques afin de lui permettre à lui et à son compère, Jean Marchal, de disputer les matchs qui avaient lieu au même moment. Il jouera la finale du championnat des lycées au terme de son année scolaire. Parallèlement, il intègre l’équipe première du PUC qui évolue en division d’honneur (l’équivalent de la cinquième division). C’est finalement un de ses amis au PUC qui est en première année de médecine, Henry Bonfait, qui lui donne envie de se réorienter dans ses études et d’embrasser la carrière médicale.
En 1977, dans le cadre de son service militaire, il est détaché comme médecin de la Fédération Française de Ski. Comme il le dit avec humour, la neige ne lui fait pas perdre la boule.
Le hasard le conduit ensuite a intégré le staff du stade Français au début des années 80. Ce club amateur connait alors une ascension fulgurante en passant de la division d’honneur à la deuxième division. Mais trois saisons plus tard, le Stade Français met la clef sous la porte.
En 1990, un coup de fil de Gérard Enault, un ancien gardien de but qu’il a connu au PUC, et qui est désormais directeur adjoint de la fédération Française de football, relance sa carrière. Il intègre finalement la FFF en 1992 en tant que médecin de l’équipe de France espoirs alors entraînée par Marc Bourrier. Mais ce dernier est bientôt sur le départ car il a été choisi par Bernard Tapie pour devenir l’entraîneur de l’OM. Il a donc côtoyé Raymond Domenech de longues années avec les espoirs et l’a donc accompagné dans son ascension au sein de l’équipe de France A. Il explique que malgré les grands joueurs qui sont passés entre ses mains (Henry, Anelka, Trézéguet, Thuram, Makelele, Pirès, etc…) Raymond Domenech ne peut se vanter avec les espoirs que d’un seul fait d’armes : la victoire au Tournoi de Toulon en 2004 contre la Suède sur le score de 1-0.
En 2002, il vit sa première coupe du monde en tant que médecin du Japon. Il s’agit d’une pige que lui a demandé de faire Philippe Troussier, le sélectionneur des Samouraïs. En 2003, il opère d’une lésion au ménisque un champion de Sumo Japonais à Paris, Takanohana. Ce qui lui vaut d’être reçu par Jacques Chirac à l’Elysée avec le champion Japonais que le chef de l’état considère comme un Dieu vivant.
Le 12 Juillet 2004, Domenech est nommé sélectionneur de l’équipe de France A. Après avoir travaillé 11 ans ensemble chez les espoirs, Domenech l’intègre dans le staff de l’équipe de France A.

Le 18 Août 2004, la France dispute son premier match sous la nouvelle ère Domenech à Rennes contre la Bosnie-Herzégovine dans le cadre d’un match amical. Ce premier match s’achève sur le score de 1-1. Après le dîner à l’hôtel, Domenech convoque tous ses joueurs à 3 heures du matin dans une petite salle pour leur infliger une session de PNL (Programmation Neuro-Linguistique). Chaque joueur doit se remettre en cause et faire son auto-critique en évaluant ce qu’il a fait de bien et de moins bien à l’occasion d’un séance collective. Barthez est au bord de la crise de nerf.

L’éviction de Robert Pirès

Dans son livre, Paclet nous livre les vraies raisons de l’éviction de Robert Pirès qui était pourtant un pilier de cette équipe de France quand Domenech l’a reprise en main. Pour mémoire, Pirès qui avait été champion du monde en 1998, est le joueur qui, suite au coaching gagnant de Roger Lemerre en finale de l’Euro 2000, délivre la passe décisive à Trézéguet contre l’Italie qui inscrit le but en or.
Donc, Paclet dénonce l’attitude de Domenech qui fait de Pirès son souffre-douleur. Domenech assoit son autorité au détriment de Pirès qu’il humilie. Il prend pour exemple un entraînement où Pirès à l’instar de tous ses coéquipiers ne porte pas de protège-tibia. C’est pourtant lui, le joueur le plus capé de l’équipe, qui se fait vertement tancer par Domenech. Le 13 Octobre 2004, la France affronte Chypre dans le cadre des éliminatoires de la coupe du monde. A la mi-temps, la France mène 1-0. Dans les vestiaires, Domenech attaque Pirès :
- Caraï, tu sors! T’es pas bon!
Devant cette nouvelle humiliation, Pirès est mortifié. C’était sa dernière apparition avec les Bleus.
Paclet cherche à comprendre pourquoi Domenech a fait de Robert Pirès le mouton noir de l’équipe de France. En interrogeant certains joueurs, il apprend :
« La clé de la réponse n’est pas sur le terrain, mais en dehors. Les joueurs m’informent que Pirès aurait été très proche d’Estelle Denis et que Domenech ne le supporte pas. Si tel est le cas, il y a prescription de toute façon. »

L’éviction de Giuly

Le docteur Paclet écrit quelques lignes plus loin : « Il franchit de nouveau la limite, un an plus tard, le 12 Octobre 2005, après la rencontre contre Chypre, en écartant Ludovic Giuly qu’il accuse d’échanger des SMS avec Estelle Denis. Ce ne sont pourtant que des textos amicaux. Lui qui a disputé tous les matchs des éliminatoires sera l’absent surprise de la liste pour la Coupe du monde 2006 en Allemagne. »

La demande en mariage à Estelle

Après l’échec de la France à l’Euro 2008 contre l’Italie 2-0, Domenech est interrogé par un journaliste de M6. Il déclare : « Je n’ai qu’un seul projet, c’est d’épouser Estelle. C’est aujourd’hui que je lui demande. Je sais que c’est difficile, mais c’est dans ces moments-là qu’on a besoin de tout le monde et moi, j’ai besoin d’elle. »
Sur le quai de la gare pour rentrer à Paris, Domenech confie au Docteur Paclet les vraies raisons pour lesquelles il aurait fait cette demande en mariage incongrue :
« C’est la seule connerie que je pouvais sortir pour me payer la tête des journalistes. »
Car la vindicte qu’entretient Domenech avec les journalistes est réelle. Mais nous y reviendrons plus loin.

La coupe du monde 1998

Pour le Docteur Paclet, il y a deux catégories de médecins : ceux qui préparent et ceux qui réparent. Il se définit dans la deuxième catégorie car il n’a jamais considéré que son métier était de préparer les joueurs pour booster leur performance… Il évoque les méthodes du Docteur Agricola à la Juventus de Turin dans les années 90. Pour faciliter la récupération des joueurs, la tentation était grande de donner aux joueurs des produits tels que l’Erythropoïétine plus connu sous le nom de l’EPO. A quoi ça sert ? C’est un produit qui augmente le nombre de globules rouges dans le sang. De 38% à 42% pour une personne normale, on fait grimper le taux de globules rouges à 50% voir plus grâce à ce produit. Le but de ce médicament est de permettre un meilleur transport de l’oxygène des poumons vers les muscles. Il s’agit donc de diminuer l’état de fatigue des joueurs.
Il y a également les hormones de croissance qui développent la puissance musculaire. Pour savoir si un joueur a pris des hormones de croissance, il suffit de vérifier quels joueurs ont gagné entre 20 et 30 ans plusieurs pointures de chaussures. Car les hormones de croissance font grandir les pieds.
La créatine fait quand à elle gonfler la masse musculaire des joueurs.
Selon le Docteur Paclet, pour lutter contre le dopage, il faudrait prendre des sanctions collectives. Quand un joueur tombe, c’est toute son équipe qui doit tomber avec lui. Cela responsabiliserait davantage les joueurs et les clubs!
Le moment fort de ce chapitre consacré au dopage reste ce passage :
« Des analyses de sang ont révélé des anomalies sur plusieurs Bleus juste avant la Coupe du monde 1998. On peut avoir de forts soupçons quand on connaît les clubs où certains joueurs évoluaient, notamment ceux du championnat en Italie. »

Le coup de tête de Zidane

Dans un chapitre intitulé « le secret de Zidane », le docteur Paclet revient sur l’antagonisme entre Zidane et Materazzi au cours de la finale. Pendant le match, Zidane a subi les provocations permanentes du défenseur Italien. A la 80ème minute du match, Zidane reste au sol à la suite d’un duel aérien avec Cannavaro. Il s’est déboité l’épaule. Le docteur Paclet intervient sur la pelouse pour réduire sa luxation. Au moment où il manipule l’épaule de Zidane, il entend Materazzi derrière lui qui l’insulte : « Tu ne sers à rien, docteur de merde. Il est mort, le vieux. Tu comprends, il est mort. »
Après la fin du match, le docteur Paclet relate cette anecdote :
« Dans les vestiaires, Thuram reproche à Zidane d’être responsable de la défaite.
- A cause de toi, on n’a pas gagné.
Zidane ne bronche pas. Il n’y a pas de méchanceté dans ce que Thuram dit, juste de la colère mêlée à du dépit. »

Après avoir passé une nuit blanche avec des idées noires, Jean-Pierre Paclet rentre à Paris où il est reçu à l’Elysée avec les membres de l’équipe de France.
Il relate alors cette anecdote surréaliste :
« Le président de la République veut me présenter à son épouse :
- Bernadette, c’est le docteur Paclet. Vous savez qui c’est ?
- Oui, c’est le médecin de l’équipe de France.
- Non, c’est le médecin qui a opéré le sumo Takanohana et qui me l’a amené ensuite à l’Elysée.
Les yeux de Bernadette Chirac suffisent à exprimer son ras-le-bol. Chirac me prend dans ses bras. Domenech qui est derrière moi rigole et me chambre.
- Depuis il doit boiter, le sumo ?
Chirac vole à mon secours.
- Pas du tout, il a remporté plein d’autres victoires. »

Domenech et les médias

Domenech a mené contre les médias une véritable croisade qui a atteint son paroxysme au cours de l’Euro en Suisse. Les raisons de cette vindicte ?
Il s’est senti trahi aux Iles Ferroé le 9 Septembre 2004, au lendemain de la victoire de la France 2-0 comptant pour les éliminatoires pour la Coupe du monde 2006. Dans le salon de l’hôtel à Troshavn Domenech se confie à une poignée de journalistes. Pour pallier l’absence de Vieira suite à son expulsion, il avance :
- Je vais racler les fonds de tiroir!
Ce qui était une délcaration off, a fait le lendemain les gros titres des journaux. Domenech en tient rigueur aux journalistes car ce type de déclaration n’est pas très valorisante pour le joueur sensé remplacer Vieira en milieu de terrain.
A travers ce livre, le docteur Paclet en fin psychologue perce la personnalité de Raymond Domenech. L’élan naturel de l’ancien sélectionneur des bleus est de se poser, de s’imposer et souvent de s’opposer aux autres!
Il fait des médias sa cible privilégiée et va entretenir vis-à-vis d’eux une véritable paranoïa.
En Suisse, Domenech dépense beaucoup d’énergie dans sa guerre contre les médias : lieu d’entraînement modifié, séance avancée ou reculée, changement de gare de départ à la dernière minute, tous les coups sont bons pour dammer le pion aux journalistes! Domenech joue au jeu du chat et de la souris avec la presse. Il est même aller au cours du stage de préparation à l’Euro à Tignes à faire évacuer en hélicoptère les 7 joueurs exclus de sa liste à la dernière minute afin qu’il n’aient aucun contact avec les médias!

Samir Nasri et Franck Ribéry : les ennemis intimes!

Au cours de cette Euro 2008, le docteur Paclet dénonce le climat délétère entre certains joueurs.
Par exemple, Nasri et Ribéry entretiennent depuis 2006 une grande inimitié qui remonte à l’époque où ils évoluaient ensemble à l’OM. Les raisons de cette querelle sont occultes. Mais il relate des incidents qui ont émaillé la vie des bleus. Il est dans les habitudes de Ribéry de chambrer ses partenaires à longueur de journée. Mais il a fait durant l’Euro 2008 de Samir Nasri la cible privilégiée de son humour de potache! Quand Ribéry met du sel dans le café de ses coéquipiers, ça déclenche l’hilarité générale. Mais ça fait moins rire Nasri quand il est victime de ce genre de blagues! Dans la salle de soins, Ribéry lance des boutades peu amènes dans le dos de Nasri. Il est même allé jusqu’à placardé une photo de la copine de Nasri, la joueuse de tennis Tatiana Golovin, s’affichant dans les tribunes de Roland Garros très proche d’un autre tennisman! Il s’agissait d’une photo issue d’un magazine people avec un commentaire en légende tout autant équivoque! Un kiné a la bonne idée de retirer la photo avant que Nasri ne la découvre, évitant ainsi un nouvel esclandre!

L’Euro en Suisse est plombé par un conflit générationnel

Le docteur Paclet dénonce le conflit générationnel qui plombe l’ambiance dans le groupe! Des joueurs sont en fin de cycle et se font moins respecter parce qu’ils sont moins respectables sur le terrain. Vieira et Sagnol ont des blessures à répétition. Thuram et Makelele sont peu utilisés par leurs clubs respectifs. Des petits jeunes comme Benzema et Nasri leur font presque la leçon!
« Des gosses qui ont une dizaine de sélections snobent des cadres qui en ont une centaine. » écrit le docteur Paclet. Un fossé béant se creuse entre les joueurs qui ont plus de trente ans et ceux qui ont à peine vingt ans!

Le clash entre Vieira et Evra

A la fin du match perdu par la France 4-1 contre les Pays-Bas, Vieira qui était sur le banc de touche est pris à partie par des supporters qui l’insultent. Il veut en découdre en montant dans les tribunes mais Patrice Evra le retient :
« - Pat, arrête, arrête, c’est une connerie.
- Mêle-toi de tes affaires, rentre.
Vieira est sur le point d’enjamber les grilles. Evra accourt. Il le tire brusquement vers l’arrière par les épaules. Vieira pousse Evra à l’entrée du tunnel. Les deux joueurs se bousculent. Quelques secondes d’accrochage. Boumsong les sépare. Henry tente de les raisonner. »
Raymond Domenech commence à perdre toute autorité vis-à-vis de ses joueurs quand Thuram décide de façon unilatérale qu’il ne disputera pas le dernier match contre l’Italie. Il juge que sa prestation contre les Pays-Bas n’était pas bonne et qu’il n’est pas au niveau! Il prend cette décision sans consulter le sélectionneur!

L’affaire Vieira

C’est au cours de cette Euro 2008 que le Docteur Paclet a perdu sa place au sein de l’équipe de France suite à l’affaire Vieira. Au cours d’une séance d’entraînement, peu avant le début de l’Euro, Patrick Vieira, le capitaine de l’équipe de France, ressent une vive douleur à la cuisse suite à une frappe de balle. Des examens complémentaires (IRM et échographie) confirment une lésion de cinq centimètres avec saignement. Mais Domenech insiste, malgré le diagnostic du docteur Paclet pour emmener à cette Euro un joueur qu’il ne pourrait pas utiliser. Il estime que Vieira est beaucoup plus nuisible pour lui à l’extérieur du groupe qu’à l’intérieur. Il craint les déclarations qu’il pourrait faire à la presse. Donc il le garde dans sa liste malgré l’avis médical contraire!
Par l’intermédiaire de Willy Sagnol qui évolue au Bayern de Munich, Vieira se voit proposer un traitement de la dernière chance par le docteur Muller-Wolfarth du Bayern qui se trouve en Suisse comme médecin de l’Allemagne. Il suggère un traitement à base d’enzymes de résorption et d’anti-inflammatoires auxquels il ajoute la prescription d’une injection d’Actovégin. Or l’Actovégin est constitué de sang de veau déprotéiné. Ce n’est pas un produit inscrit dans liste des produits dopants de l’agence mondiale antidopage. Mais c’est une substance prohibée en France car elle peut entraîner des risques vasculaires. Les professeurs Saillant et Rochcongar consultés par le docteur Paclet donnent un avis définitif : il ne faut pas l’utiliser! Si Vieira prend ce produit, et que la France va en finale, le joueur s’exposerait à la menace d’une fuite dans la presse qui pourrait lui être préjudiciable!
Domenech a pris le risque de sélectionner un joueur qu’il ne pourrait pas utiliser et il fait ensuite porter le chapeau au docteur Paclet. Le docteur Paclet a donc joué le rôle de bouc émissaire dans cette sombre affaire.

Le pacte entre Escalette et Domenech

Après la déroute de l’Euro 2008 en Suisse où la France est éliminée dans la phase de poule dès le premier tour, Escalette fait des pieds et des mains pour maintenir Domenech dans ses fonctions de sélectionneur. Il voit d’un très mauvais oeil l’arrivée de Deschamps qui représente le meilleure alternative pour remplacer le sélectionneur!
Le pouvoir de Domenech commence à s’effriter à partir du moment où Escalettes joint plusieurs Bleus en leur demandant de prendre position dans la presse pour le maintien du sélectionneur! Vieira, Ribéry et Sagnol sont donc téléguidés pour déclarer publiquement leur soutien au maintien de Raymond Domenech. Le docteur Paclet écrit : « Ces soutiens sollicités constituent la faute originelle. A partir de là, Raymond perd toute son autorité sur les joueurs. »
Au même moment, Michel Platini, qui en tant que président de l’UEFA a un devoir de neutralité, fait campagne dans l’ombre en faveur de Domenech. Sous sa casquette de vice-président de la FFF, il déclare le 1er Juillet 2008 dans L’Equipe :
« Casser maintenant ce qui a été fait, provoquer une rupture, c’est dangereux. Changer, c’est mettre l’équipe de France en danger. Ce n’est rendre service à personne que de remplacer brutalement le sélectionneur. L’amalgame que Domenech a essayé de faire entre jeunes et anciens n’a pas fonctionné. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est renouveler les joueurs et se qualifier pour la Coupe du monde 2010. Or, le mieux placé pour y parvenir, c’est Raymond, parce qu’il est celui qui connaît le mieux les joueurs en place et ceux à venir. »
Même Houiller fait de la politique politicienne en militant pour son pire ennemi qui a voulu lui prendre sa place de DTN en 2007!
En renouvelant leur confiance à Domenech, Escalettes et Houiller écartent Deschamps pour faire barrage au retour de la génération 98. Pour quelles obscures raisons Gérard Houiller soutient-il son pire ennemi ? La réponse est limpide comme de l’eau de roche. Paclet écrit en effet : « Houiller, lui, a son idée. Devenir président de la FFF après le départ d’Escalettes en 2012. Dans quatre ans. Autant dire une éternité. Il a réalisé avec Escalettes un coup de génie à court terme. Mais en cas de mauvais résultats des Bleus et de nouveaux remous sportifs, son destin présidentiel risque d’être contrarié. »

Les apparatchiks de la FFF

Le Docteur Paclet tourne en ridicule le mode de fonctionnement de la FFF qui est sensée préparer l’avenir du football Français et qui est dirigée par des hommes entre 60 et 70 ans qui se désignent par cooptation. C’est comme si on confiait la gestion d’une entreprise à des retraités bénévoles. Or cette structure de la FFF qui s’appuie sur des bénévoles est tout à fait inadaptée aux exigences d’un football professionnel. « Imaginez qu’on laisse le volant d’une Porsche pour la première fois à quelqu’un qui a coduit une trottinette toute sa vie. La sortie de route est garantie. A condition que le conducteur puisse déjà démarrer la grosse cylindrée sans caler. »
Le paradoxe du football Français, c’est que c’est le monde amateur qui gère le professionnel! Le président de la LFP, Frédéric Thiriez, est bien esseulé au sein du conseil fédéral!

Le bilan d’Escalettes

Si l’on dresse le bilan d’Escalettes à la tête de la FFF, on note sur le plan financier qu’il a assaini les comptes, renouvelé la convention dans la diffusion des matchs des Bleus, le contrat avec Nike comme équipementier officiel de l’équipe de France de 2011 à 2018. Pour ces trois chantiers il peut remercier Noël Le Graët.
Sa seconde réussite découle de l’obtention de l’organisation de l’Euro 2016. Il peut être reconnaissant à Jacques Lambert, le directeur général de la FFF, qui a supervisé ce dossier!
Dans son passif, il a contrebalancé le pouvoir de Jacques Lambert sur lequel il aurait pu s’appuyer davantage en nommant Jean-Pierre Valentin, jeune énarque et ancien directeur de cabinet de Jean-Louis Debré.
Le niveau des arbitres a sombré sous le règne d’Escalettes. Mais sa plus grande faute sera révélée par le fiasco de la coupe du monde 2010 : il n’aurait jamais du recoduire Domenech comme sélectionneur en 2008.

L’inimitié entre Ribéry et Gourcuff

Il n’a échappé à personne que des tensions existaient durant cette coupe du monde entre Ribéry et Gourcuff. Ribéry ignorait copieusement le joueur de Bordeaux sur le terrain. D’où vient cette inimitié ? Voici la version que donne le Docteur Paclet qui semble bien renseigné, mais est-ce la vraie raison ???? Il fait référence dans le passage qui suit au deuxième match de préparation des Bleus qui a réuni les joueurs et leurs conjointes à Sousse, en Tunisie.
« Certains joueurs ne sont pas épargnés par la presse à cause de leurs avantures extraconjugales. Wahiba Ribéry saisit l’opportunité et en rajoute. Elle ne quitte pas des yeux Yohan Gourcuff, venu seul, et le fait savoir à son époux. Ribéry n’en pense rien. Enfin, si. Du mal. Beaucoup de mal. Wahiba use de la provocation idéale. Depuis le stage de mai à Tignes, Ribéry semble s’éloigner de Gourcuff. Sur le terrain, il ne lui fait pratiquement aucune passe. »
D’après le Docteur Paclet, Ribéry s’est renfermé également car il ressasse son transfert raté au Réal de Madrid. Il est moins insouciant et bout-en-train qu’en 2006.

La vengeance de Domenech sur Henry

Autre fait intéressant. Dans Le roman noir des bleus co-écrit par Eugène Saccomano et Gilles Verdez, on a vu que Henry n’était pas sur la liste initiale du sélectionneur pour la coupe du monde. Il l’a intégré in extremis mais en posant une condition : Henry devait accepter un nouveau statut de remplaçant. Cette décision aurait moins été dictée par un choix sportif que par le désir de Domenech de règler ses comptes avec Thierry Henry. A quand remonte la controverse entre le joueur et son sélectionneur ? A un épisode qui a précédé le match France-Roumanie en Septembre 2009 comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde. A la veille du match, Domenech réunit en fin d’après-midi ses joueurs et le staff dans une salle à Clairefontaine pour une séance vidéo. Il fustige alors les joueurs :
- Je n’ai qu’un souhait. Que vous soyez meilleurs aujourd’hui à l’entrainement. Vous avez été nuls hier. Je suis resté sur ma faim. J’ai l’impression que vous n’avez pas envie.
L’atmosphère est tendue et après quelques secondes, Henry ne supportant pas les reproches du coach prend la parole au nom de l’équipe :
- Nous aussi, on a quelque chose à vous dire. On reste sur notre faim. On s’emmerde pendant vos entrainements. On ne sait pas comment jouer. On ne sait pas ce qu’il faut faire. On n’a pas de schéma tactique. Plus rien ne va.
Jean-Pierre Paclet enchaîne :
« Au lieu de recadrer Henry, il le laisse lui faire la leçon devant les autres internationaux. Comme si le cadre d’une entreprise du CAC40 critiquait impunément le plan marketing du directeur général. Le début de la fin. Mais Domenech est tenace. Rancunier. Il n’oublie pas l’humiliation que lui a fait subir Henry. Sa vengeance s’accomplit début mai 2010 à Barcelone où le meilleur buteur des Bleus évolue. Il lui annonce qu’il ne le sélectionnera pas. Jusqu’au 10 Mai, veille de la fatidique annonce officielle, Henry ne figure pas dans la liste qu’il doit dévoiler sur TF1. Le lendemain, il réapparaît. [...] Quoi qu’il en soit, Henry intègre l’équipe mais n’est plus capitaine et aura un statut de remplaçant. »

Le clash entre Domenech et Anelka

Le docteur Paclet qui a manifestement gardé de bons contacts avec les joueurs nous relate sa version du clash entre Nicolas Anelka et Raymond Domenech à la mi-temps du match France-Mexique. Domenech aurait dit à Anelka :
- Tu n’est pas dedans. Tu n’as pas été bon pendant les quarante-cinq premières minutes. Arrête de décrocher tout le temps.
- Mon poste, ce n’est pas ça. Je ne suis pas fait pour ça. Je ne reçois aucun ballon. Moi, je joue en soutien, numéro 9.
- Si tu continues à le prendre comme ça, je te sors.
Les deux hommes se tiennent debout à quelques mètres l’un de l’autre. Anelka laisse exploser sa frustration lorsqu’il répond sur un ton calme :
- T’as raison…. Va te faire enculer, toi et ton système de jeu.
Il fait alors demi-tour et se dirige vers son casier pendant que Domenech met à exécution sa menace :
- Je te sors.
Avant de s’asseoir, Anelka aurait murmuré quatre autres mots sans regarder Domenech :
- Sale fils de…
Personne ne s’offusque car lorsqu’on connait la personnalité d’Anelka, on sait qu’il a l’habitude de parler ainsi. C’est des expressions tellement utilisées par les footballeurs qu’elles sont presque devenues un langage courant.
A propos du doigt d’honneur que Gallas aurait fait à la fin du match à un journaliste de TF1, le docteur Paclet évoque un contentieux entre les deux hommes.
Anelka est adoré dans le groupe. Il a une personnalité introvertie mais il fait l’unanimité dans l’équipe car il est facile à vivre et très populaire. Suite à la publication de L’Equipe et à la sanction prononcée contre Anelka, les joueurs réagissent immédiatement. Puisque le joueur refuse de faire des excuses publiques à Domenech, Toulalan, Abidal, Henry et Evra lui proposent une solution intermédiaire : lui faire des excuses personnelles en tête-à-tête. Le joueur accepte de faire son mea culpa en privé. Quatre de ses coéquipiers sont chargés d’organiser une entrevue entre lui et Domenech. Toulalan, Abidal, Evra et Henry chargent l’officier de sécurité de l’équipe, Mohamed Sahandji, de faire passer le message à Domenech. Mais ce dernier fait la sourde oreille. Il ne permet donc pas Anelka de faire amende honorable en présentant ses excuses. Avant de quitter l’hôtel, Anelka rassemble ses 23 coéquipiers pour leur dire au-revoir et leur demande :
- C’est quand même dégueulasse ce qu’on me fait subir, j’aimerais bien que vous fassiez un geste pour moi.
La suite… Vous la connaissez!

Conclusion

Le mot de la fin, je le laisse au Docteur Paclet qui en reprenant une jolie formule de Courteline au sujet de l’amour, mais c’est du football que l’ancien médecin des Bleus parle, écrit :
« On allait l’oublier! Comment ne pas parler du plus important ? Du terrain. Il faut que cette équipe de France réapprenne à jouer à onze. Son passé n’est pas simple. Son présent demeure plus qu’indicatif. Quand à son futur, il s’écrit au conditionnel. Blanc va devoir prendre des pincettes – pardon, des aiguilles – pour faire dégonfler certaines têtes. »




Le goût de vivre d’André Comte-Sponville

23082010

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André Comte-Sponville est un philosophe de la génération de Mai 68 qui s’est distingué auprès du grand public au début des années 2000 avec des best-sellers qui ont remis la philosophie au goût du jour : Le petit traité des grandes vertus, Le bonheur désespérément, Le capitalisme est-il moral, etc…
Le goût de vivre et cent autres propos, est son dernier ouvrage qui s’inspire Des propos d’Alain.
Il y est question de sujets philosophiques mais également de thèmes qui traitent de l’actualité au jour le jour, comme s’il s’agissait des pages de son journal intime. Ainsi, il évoque autant l’existence de Dieu qu’il continue de nier, que l’éclipse du soleil en 1999 ou encore l’euthanasie, l’amour, Beethoven, etc…
On a donc autant d’occasions de découvrir ou de redécouvrir ce philosophe matérialiste, athée, humaniste, libéral, démocrate, et fervent lecteur de Spinoza!
Il appartient à la même génération de philosophes que Luc Ferry dont il est l’ami. Pourtant l’un a fait Mai 68 quand l’autre a condamné la pensée 68 dans un ouvrage co-écrit avec Alain Renaut.
Le goût de vivre et 100 autres propos est donc un recueil de 100 articles que le philosophe a publié dans la presse entre 1988 et 2010. Pour vous donner juste un avant-goût, voici quelques réflexions fortes qu’il développe dans cet ouvrage.

Je suis athée… Dieu merci! (Bunuel)

Dans une récente interview au magazine Le pèlerin, André Comte-Sponville se définit comme un fidèle athée. Car le mot fidèle fait référence au latin fides qui signife la foi. Il trouve dans son ouvrage Le goût de vivre trois bonnes raisons de ne pas croire en dieu. La première consiste à dire que le monde est plein d’horreurs, de catastrophes naturelles, de souffrances… Donc soit Dieu n’est pas bon, soit il n’est pas tout-puissant. Mais s’il manque de puissance ou de bonté, il est donc imparfait et ne peut plus être considéré comme un Dieu.
Il puise son deuxième argument dans un sentiment d’humilité qui consiste à dire qu’il se trouve lui-même trop imparfait en tant qu’être humain pour prétendre que Dieu existe et que ce serait ce Dieu qui l’aurait créé. Enfin, sa troisième raison de ne pas croire en Dieu, c’est que cette idée de Dieu est trop belle pour être vraie. La religion correspond à nos désirs les plus chers : ne pas mourir et être aimés. Or, c’est parce qu’elle est la plus désirable, que l’existence de Dieu doit être tenue pour suspecte puisqu’elle relève de l’illusion qui consiste à prendre nos désirs pour la réalité. Il conclut donc ce chapitre en disant : « Bref, j’ai trois raisons de ne pas croire en Dieu, et ce sont trois vertus : la compassion, l’humilité, la lucidité. » Mais s’il se définit comme un « fidèle athée », c’est peut être parce que l’athéisme est une croyance comme une autre. Etre athée, ce n’est pas savoir que Dieu n’existe pas, mais c’est croire qu’il n’existe pas. Le dogmatique croit qu’il sait, le sage, sait qu’il croit.

Doit-on avoir peur de la mort ?

C’est donc à la fois en tant que philosophe, homme et citoyen que André Comte-Sponville nous livre ses pensées. La Toussaint, lui inspire par exemple un chapitre sur la mort où il fait référence à Montaigne et surtout à Epicure qui estimait que la mort n’est rien pour nous : lorsque je suis, la mort n’est pas, et lorsque la mort est, je ne suis plus. Mais il rejoint Luc Ferry lorsqu’il conclut que « Philosopher c’est apprendre à vivre, non à mourir. » Pour Luc Ferry, la philosophie est une sériotologie, c’est-à-dire une doctrine du salut sans Dieu. Elle est apparue durant l’Antiquité pour apporter des réponses à nos angoisses existentielles et à notre peur de la mort. André Comte-Sponville estime qu’on ne peut pas vivre heureux sans accepter l’idée de la mort et sans l’apprivoiser. Il cite une nouvelle fois Montaigne qui écrivait dans ses Essais : « Tu ne meurs pas de ce que tu es malade; tu meurs de ce que tu es vivant. » Ce n’est pas la vie qui est le contraire de la mort, mais la naissance. » La mort, « c’est le seul examen, remarquait un vieil enseignant, que personne n’ait jamais raté! » A quoi bon apprendre à mourir, puisqu’on est certain d’y parvenir. Par contre, nous devrions apprendre davantage à vivre… La mort, comme disait Montaigne, c’est le bout, non le but de la vie. « Nul ne peut être libre, montrait Hegel, s’il n’est prêt à affronter la mort. Mais nul ne peut l’affronter, s’il ne sait pour quoi vivre. »

Qu’est-ce que la philosophie ?

La philosophie répond aux trois questions que se posait l’abbé Moreux : d’où venons-nous ? Qui sommes nous ? Où allons nous ? « Quelle différence faites-vous, me demande une lectrice, entre la philosophie et la sagesse ? La réponse est assez simple, que l’étymologie suggère : philosophia, en grec, c’est l’amour ou la quête de la sagesse. La philosophie est le chemin; la sagesse, son but. Mais quel chemin ? Et pour quel but ? »
Pour les anciens, la philosophie était une médecine : c’était la médecine de l’âme. Dans un chapitre consacré à la philosophie, André Comte-Sponville nous livre sa définition de la philosophie : « Philosopher, l’ai-je dit lors du débat, c’est penser sa vie et vivre sa pensée. » C’est ce qui le rapproche de Bergson dont la devise était : »Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action. »
« La vérité, c’est que nous aurons toujours besoin de politique, pour transformer la société. Et de philosophie, pour nous transformer nous-mêmes. »

Qu’est-ce qui distingue la philosophie Française ?

L’exception culturelle si cher aux Français fonctionne également dans le domaine de la philosophie comme le démontre André Comte-Sponville au cours d’un chapitre intitulé « Philosopher à la française ».
Il commence par citer trois grands ouvrages qui sont les plus représentatifs selon lui de la pensée Française : il s’agit de trois chefs-d’oeuvres absolus et incontournables de la philosophie française. Il y a d’abord Les Essais de Montaigne, Les Méditations métaphysiques de Descartes et Les Pensées de Pascal.
Qu’est-ce qui caractérisent ces trois ouvrages ? André Comte-Sponville voit trois caractères communs à ces trois sommets de la philosophie Française.
Premièrement, ces trois philosophes s’expriment à la première personne. « C’est en parlant d’eux-même qu’ils parlent de tout et de tous. » Cette démarche philosophique s’inscrit dans le cadre du fameux précepte Socratique « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». La deuxième caractéristique c’est ce rapport intrinsèque à la littérature qui existe chez ces trois auteurs. Il y a en effet un style littéraire qui fait bien défaut à d’autres philosophes étrangers qui sont peut être de grands penseurs mais de piètres écrivains!
Enfin, le troisième dénominateur commun à ces trois oeuvres c’est qu’elles s’adressent au grand public en ayant la volonté d’être compris par le plus grand nombre. D’où la réflexion de Bergson : « Il n’y a pas d’idée philosophique, si profonde ou si subtile soit-elle, qui ne puisse et ne doive s’exprimer dans la langue de tout le monde. Les philosophes français n’écrivent pas pour un cercle restreint d’initiés; ils s’adressent à l’humanité en général. »
Chez ces trois philosophes, le jargon et le vocabulaire abscons que l’on trouve chez d’autres auteurs est absent. Nous avons pourtant affaire à trois penseurs différents : un dogmatique, un sceptique et un croyant.

L’amour et le bonheur existent-t-ils ?

Dans le chapitre intitulé Le bonheur de désirer, il s’interroge sur le bonheur ? Etre heureux, c’est jouir et se réjouir. Il reprend les grands axes de la réflexion qu’il avait développés dans Le bonheur désespérément. Le désir, c’est ce qui nous fait défaut. Comme disait Platon, « Ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l’amour. » Si le désir est un manque, alors le bonheur, c’est à dire sa satisfaction, est forcément manqué. « Tantôt, donc, nous désirons ce que nous n’avons pas, et nous souffrons de ce manque; tantôt nous avons ce que dès lors nous ne désirons plus, et nous nous ennuyons. C’est où l’on passe de Platon à Schopenhauer. » Schopenhauer résumait bien cette idée : « Ainsi toute notre vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui. » L’homme en quête du bonheur a donc une alternative : « Il faut désirer ce qui manque, et souffrir. Ou bien désirer ce qui est, et se réjouir. Cette souffrance est amour. Cette joie est amour. Mais ce sont deux amours différents : l’amour selon Platon (la passion, le manque : eros), l’amour selon Spinoza (l’action, la joie : philia).
C’est dans un chapitre consacré à l’amour qu’il énonce ses trois définitions de l’amour. Contrairement à La Rochefoucauld qui suggérait que l’amour n’existe que pour autant qu’on en parle, Comte-Sponville a trois conceptions différentes de l’amour.
Il y a d’abord l’amour selon Aristote : aimer c’est pouvoir jouir et se réjouir de quelqu’un ou de quelque chose. Et puis il y a la conception Platonicienne de l’amour : l’amour s’exprime dans la souffrance que nous procure le manque et le désir de quelqu’un ou de quelque chose. C’est en cela que Aragon disait : « Il n’y a pas d’amour heureux. » Ces deux définitions de l’amour correspondent à deux amours différents que les Grecs désignaient par deux noms distincts : philia, pour la joie d’aimer, et éros, pour le manque. L’amour-action d’un côté, celui qu’on fait et qu’on construit, et l’amour-passion, celui qui nous fait ou nous défait et nous détruit. Pour bien différencier ces deux types d’amour, il prend l’exemple d’une mère qui donne son sein à son petit. Cette image nous suggère l’amour du petit qui prend ce sein goulument dans sa bouche pour le téter. Et l’amour de la mère qui donne son sein à son petit pour le nourrir. L’amour qui prend, c’est eros, le désir. L’amour qui donne, c’est philia, l’amour maternel. Entre éros et philia, il y a la même différence qu’entre les verbes donner et recevoir. Avant d’être une mère, elle a été un enfant, et elle a également reçu le sein d’une autre femme. Mais maintenant, son amour se transforme en don de soi… Eros devient philia. Comte-Sponville évoque enfin un troisième type d’amour : « Donner sans prendre ? Se réjouir sans vouloir posséder ni garder ? Ce serait philia libérée d’éros, l’amour libéré du moi, la joie libérée du manque, et c’est ce que les premiers chrétiens – quand il fallut traduire en grec le message du Christ – ont appelé Agapè, qui est l’amour de charité. [...] C’est l’amour du prochain, celui qui est là, quel qu’il soit et quoi qu’il fasse. C’est l’amour libéré de l’ego… »
Dans un autre chapitre consacré à la jalousie, on retrouve l’auteur Du petit traité des grandes vertus. Il s’applique à bien différencier la jalousie de l’envie. L’envie porte sur ce qu’on n’a pas alors que la jalousie porte sur ce qu’on a. L’envie exprime un manque quand la jalousie signifie la peur de perdre. La jalousie est positive dans le sens où elle traduit un attachement à ce qu’on a. Et il conclut ce chapitre en écrivant : « Saint Thomas distinguait l’amour de bienveillance (qui aime l’autre pour son bien à lui) de l’amour de concupiscence, qui n’aime l’autre, disait-il, que pour son bien à soi. La jalousie relève évidemment du second, et c’est ce qui interdit d’en faire une vertu. »
« Qu’il faille s’aimer soi-même, c’est une évidence. Comment pourrions-nous autrement être heureux ? Et pourquoi nous demanderait-on, relisez les Evangiles, d’aimer notre prochain « comme nous-mêmes » ?
C’est ce qui m’a longtemps rendue inacceptable la fameuse formule de Pascal selon laquelle « le moi est haïssable ». Si c’est vrai, me disais-je, un chrétien cohérent devrait donc haïr son prochain : voilà qui me semble bien peu évangélique! »
Pour André Comte-Sponville, Pascal ne stigmatise pas le moi de l’individu, mais son moi égoïste que l’on pourrait nommer par le narcissisme ou l’amour-propre. L’amour-propre, ce n’est pas le fait de s’aimer soi, mais le fait de n’aimer que soi. Comme dirait Pierre Dac, l’amour-propre ne le reste jamais très longtemps! Et il n’y a rien de plus sale que l’amour propre!

La vie a-t-elle un sens ?

Certains de ses propos portent la marque de l’impuissance : « Que peut votre amour contre les chauffards ? Contre les virus ? Et quel vaccin contre le malheur ?  » Faire des enfants, me disait mon père, c’est donner des otages au destin. » On m’a assuré que la formule était de Victor Hugo. »
La vie est une maladie héréditaire, sexuellement transmissible, incurable et mortelle.
Le goût de vivre pose la question de savoir si la vie a un sens ? Mais que faut-il entendre par le mot « sens » ? Car il recouvre trois définitions différentes. Le sens fait d’abord référence à nos cinq sens qui sont autant de fenêtres ouvertes sur le monde. Le sens évoque également une direction comme dans l’expression « un sens unique ». Quelle est donc la direction ou l’orientation qu’il faut donner à notre vie ? Enfin, le mot sens nous fait penser à la signification de quelque chose. Ainsi, lorsque le doigt montre la lune, l’imbécile regarde le doigt car le sens ou la signification de ce doigt lui échappe… Lorsqu’on parle du sens de la vie, on joue également sur cette confusion avec ces trois définitions du mot. Mais si le sens de la vie reste pour beaucoup une énigme, André Comte-Sponville lui a trouvé une réponse dans Le goût de vivre. Donner un sens à sa vie c’est aussi donner de la vie à ses sens!

L’éternité, c’est long… Surtout vers la fin! (Kafka)

Dans un autre chapitre dont le titre est Recommencer ?, il s’interroge sur le temps et l’espace :
« Le temps, disait Lagneau, est la marque de mon impuissance; l’espace, de ma puissance. » Il conclut ce chapitre : « L’espace nous porte, le temps nous emporte, et l’action se reconnait à cette articulation efficace des deux : agir, c’est toujours mettre notre puissance au service de notre impuissance, et choisir l’avenir, autant que nous pouvons, en modifiant le présent. »
La question du temps pose un problème difficile au philosophe… Qu’est-ce que le temps ? Spencer répondrait que le temps, c’est ce que les hommes essaient de tuer mais qui finit toujours par les tuer. Pour le philosophe, le temps, c’est la succession du passé, du présent et du futur. Or le passé n’est plus, le futur n’est pas encore, et le présent ne dure pas… Car s’il durait, le présent ne serait plus du temps, mais de l’éternité. D’où le paradoxe qu’énonce Saint Augustin : « Si bien que ce qui nous autorise à affirmer que le temps est, c’est qu’il tend à n’être plus. » Et d’où la conclusion de Comte-Sponville : « Le temps ne serait qu’un anéantissement (le présent) entre deux néants (le passé et l’avenir). C’est pour ça qu’on parle de la fuite du temps : cette fuite, qui le rend insaisissable, serait le temps même. »
Mais, si Comte-Sponville, énonce cette hypothèse c’est pour mieux la réfuter. Car il n’est pas d’accord avec Saint Augustin lorsqu’il écrit : « Le présent ne peut être qu’en cessant d’être. » En fait, depuis qu’on est venu au monde, le présent n’a jamais cessé d’être. Même lorsqu’on mourra, le présent ne cessera d’être, contrairement à nous… D’où le distique génial de Ronsard :
« Le temps s’en va, le temps s’en va, Madame…
Las! Le temps non, mais nous nous en allons! »
André Comte-Sponville en vient logiquement à la conclusion :
« Un souvenir qui n’est plus présent, ce n’est pas un souvenir : c’est un oubli. Un espoir qui n’est plus présent, ce n’est pas un espoir : c’est une déception ou un bonheur. Ils ne sont pas encore ? Ce ne sont que des possibilités d’espoir ou de souvenir. Seul le présent existe; tout ce qui existe est présent. »
Mais si le présent restait toujours présent, objecterait Saint Augustin, il ne serait pas du temps, il serait l’éternité. C’est opposer ce qui ne doit pas l’être selon Comte-Sponville, car l’éternité, c’est un présent qui est toujours présent. L’éternité c’est le présent même.
« Etre, c’est être maintenant. C’est ce que Christian Bobin appelle joliment « le huitième jour de la semaine ».
« Le huitième jour de la semaine, c’est aujourd’hui : non pas un jour de plus, mais l’éternité de chaque. »

Qu’est-ce que la liberté ? Est-on libre de vouloir ce qu’on veut ?

Si la volonté est libre par définition (je veux ce que je veux), tout le paradoxe est de savoir si on est libre de vouloir ce qu’on veut ? Car si l’on ne peut pas vouloir ce qu’on ne veut pas, et on ne peut vouloir que ce qu’on veut, comment serait-on libre totalement puisque par définition on ne peut pas vouloir autre chose que ce qu’on veut… Donc on n’a pas vraiment le choix… D’où la formule lumineuse de Sartre : « Etre libre, ce n’est pas pouvoir faire ce que l’on veut, mais c’est vouloir ce que l’on peut. »
Pour Sartre et Descartes, une volonté n’est vraiment libre que si elle a un pouvoir indéterminé de choix et qu’elle peut vouloir autre chose que ce qu’elle veut. C’est ce qu’on appelle le libre-arbitre. D’où d’ailleurs le sujet de philosophie au bac d’Arielle Dombasles dont ne parle pas André Comte-Sponville dans son livre : « Peut-on vouloir ce qu’on ne veut pas ? »

Faut-il être optimiste ou pessimiste ?

Dans un autre texte, il s’intéresse à nos humeurs, car l’optimisme et le pessimisme, ne sont qu’affaire d’humeurs! Il commence par raconter une histoire qu’il me semble avoir déjà entendu dans un film Yougoslave No man’s land de Danis Tanovic :
« Un pessimiste rencontre un optimiste. « Tout va mal, se lamente le pessimiste, ça ne pourrait pas être pire! » Et l’optimiste de répondre : « Mais si, mais si… » Lequel est le plus inquiétant des deux ? »
Plus loin il relate une autre histoire drôle sur le même sujet :
« Cela me fait penser à cette devinette, qui nous vient d’Europe centrale :
« Sais-tu quelle différence il y a entre un optimiste et un pessimiste ?
- ?…
- Le pessimiste est un optimiste bien informé. »
Difficile de ne pas rappeler la belle formule d’Alain : « Le pessimisme est d’humeur et l’optimisme de volonté. » Ou encore Gramsci, qui a trouvé la formule la plus juste : « Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté. »

Le goût de vivre est un livre qui nous donne un avant-goût de la sagesse!




Fichier pps : Qu’est-ce que la philosophie?

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Vous trouverez dans le fichier Powerpoint ci-joint les plus belles citations extraites de Présentations de la philosophie d’André Comte-Sponville. Mettre le son avant d’ouvrir le diaporama.

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Pourquoi le TOP 14 est-il de plus en plus attractif ?

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Vendredi 13 Août, c’est la reprise du TOP 14 avec la première journée de championnat qui commencera cette année comme elle s’était terminée l’an passé. C’est l’ASM de Vern Cotter qui a finalement vaincu la malédiction qui pesait sur Clermont-Ferrand en décrochant le bouclier de Brennus l’année dernière à l’issue de sa quatrième finale d’affilée et après 10 tentatives infructueuses dans son histoire. En battant Perpignan 19-6, Clermont-Ferrand remportait enfin le trophée qui lui échappait tant. C’est face à Perpignan que les Clermontois commencent la nouvelle saison 2010-2011 demain lors de la première journée du TOP 14.
Ce championnat est de plus en plus attractif et attire les meilleurs joueurs d’Europe et de l’émisphère Sud. Pour comprendre l’engouement qu’il suscite, il est intéressant de rappeler les règles de base qui ont bâti son succès :

Les règles du Top 14

Depuis l’an passé, le Top 14 est riche en rebondissements jusqu’aux ultimes journées de championnat. Car si le premier et le second du classement sont automatiquement qualifiés pour les demi-finales, le troisième et le quatrième doivent disputer un play-off ou match de barrage contre le cinquième et le sixième. Le seul avantage qu’ils retirent de leur troisième et quatrième place c’est de pouvoir recevoir chez eux leur futur adversaire dans ce match qui fait figure de quart de finale car il donne un billet d’accès au quartet des phases finales. Les demi-finales se disputent toujours sur terrain neutre.
Le TOP 14 associe donc à la fois la formule d’un championnat classique qui oppose 14 équipes qui constituent l’élite du Rugby Français au cours de 26 journées. Mais à l’issue de ce championnat, le TOP 14 a tous les charmes des matchs de coupe qui sont des matchs à couperet où une équipe va jouer toute une saison sur 80 minutes ou plus… Il y a donc 6 équipes qui sont concernées par la phase finale tandis que les deux derniers du championnat, le treizième et le quatorzième sont automatiquement rétrogradés la saison suivante en Pro D2.
Lors de chaque journée, une défaite rapporte 0 point à une équipe, un match nul 2 points et une victoire 4 points.
Mais l’équipe qui remporte un match avec plus de trois essais d’avance sur son adversaire remporte un point supplémentaire de bonus offensif et donc empoche en l’espace d’une journée le pactole de 5 points. L’équipe qui s’incline avec 7 points d’écart ou moins sur son adversaire (c’est-à-dire un essai transformé) remporte un point supplémentaire de bonus défensif.
Donc les règles du TOP 14 visent à rendre le championnat passionnant et riche en suspense jusqu’aux dernières journées comme ce fut le cas la saison passée où quatre équipes étaient concernées par la sixième place : le Racing Metro, Brive, le Stade Français et le Biarritz Olympique. C’est finalement lors de l’avant-dernière journée à Colombes que le match Racing Metro – Biarritz a déterminé le sixième.

2010 : une année faste pour le Rugby Français

Si l’on dresse le bilan de la saison 2009-2010, on ne peut tirer que des motifs de satisfaction pour le rugby Français. Il y a d’abord eu le grand chelem remporté par l’équipe de France dans le Tournoi des VI Nation. S’il fallait une autre preuve de la bonne santé du rugby Français, c’est dans la finale de la Heineken Cup qu’il faut la chercher. On a eu droit à une finale Franco-Française entre le Stade Toulousain et le Biarritz Olympique au Stade de France. C’était un match de haut vol qui nous rappelle que le TOP 14 est vraiment le meilleur championnat Européen.

2011 : l’année de tous les espoirs

En effet, le TOP 14 est de plus en plus relevé car on assiste depuis l’année dernière à une redistribution des cartes avec l’arrivée de deux nouveaux acteurs majeurs dans le Top 14 qui bousculent la hiérarchie établie : le Racing Metro et Toulon. Ces deux clubs ont beaucoup de points communs car ils représentent respectivement dans le sud-est de la France pour Toulon et dans l’Ile de France pour le Racing Metro une oasis méridionale dans des régions où le rugby est beaucoup moins populaire que dans le Sud-Ouest. C’est également deux clubs de légende qui ont un passé glorieux mais qui végétaient en Pro D 2 au milieu des années 2000 avant qu’un nouveau président n’arrive pour injecter de l’argent et offrir un projet ambitieux. Du coup, la baisse de régime du Stade Français l’an passé trouve également une explication : les joueurs de Max Guazzini ne sont pas plus faibles qu’avant, c’est leurs adversaires qui sont de plus en plus forts!

L’année du rugby qui commence demain aura pour point d’orgue la coupe du monde en Septembre et Octobre 2011 en Nouvelle-Zélande. C’est donc une année charnière pour de nombreux joueurs qui tiennent à gagner leur place en équipe de France.

Quelle équipe peut-elle succéder à l’ASM ?

L’ASM pourra-t-il réaliser un doublé historique après son succès l’an passé ? Il s’en est en tout cas donné les moyens avec un recrutement haut de gamme. En effet, le 3ème ligne des Blaks, Sione Lauki, revient en France. On l’avait connu il y a quelques années à Nevers. Il espère relancer sa carrière à Clermont car il n’a plus été rappelé dans le squad des Blaks depuis deux ans. C’est un troisième ligne perforateur, solide, originaire des Tonga. Il a évolué à 19 ans en Fédérale 2 en France. Avec ses 119 kilos, il dégage une énorme force physique, car il allie puissance et rapidité. Il a été sélectionnée en 2007 pour la coupe du monde avec les All-Blaks. Clermont réunit toutes les conditions pour qu’il réussisse à se relancer puisqu’il y retrouvera parmi ses compatriotes, le coach Vern Cotter, ses anciens coéquipiers aux Chiefs, Tasesa Lavea et Kevin Senio. Clermont dispose donc d’un nouvel atout pour confirmer cette saison et jouer les premiers rôles dans la H Cup. L’année précédente a vu l’éclosion de Morgan Parra qui s’est imposé en équipe de France en tant que demi de mêlée. De nombreux joueurs Clermontois forment l’ossature de l’équipe de France : Rougerie, Pierre, Domingo, Parra, Lapandry, Bonnaire, Malzieu. Sans compter ses nombreux joueurs étrangers tels que le talonneur Argentin Mario Ledesma, l’ouvreur Australien Brock James, le trois-quart aile fidjien Napolioni Nalaga ou le trois-quart centre Sud-Africain Joubert. Sione Lauaki, avec ses 17 sélections chez les Blacks est un sérieux renfort. Les jaunarts sont donc candidats à leur propre succession histoire de prouver que ce premier bouclier de Brennus n’est pas un accident de l’histoire.

Toulon

Toulon a fait une saison exceptionnelle l’an dernier en dépassant les objectifs que le club s’était fixé. En échouant en demi-finale du TOP 14 après prolongations contre Clermont et en perdant en finale du Challenge Européen contre Cardiff, les joueurs du président Mourad Boudjelal ont bousculé l’ordre établi dans le rugby Français en jouant les premiers rôles dans le Top 14, deux ans après leur accession dans l’élite. Son recrutement bling-bling n’est pas étranger à ces résultats avec notamment la présence dans l’effectif Varois de la star du Rugby Anglais, l’ouvreur Jonny Wilkinson qui a terminé deuxième meilleur buteur du TOP 14. Cette année, le recrutement est tout aussi ambitieux avec l’arrivée de trois grosses stars pour étoffer l’effectif Toulonnais : l’ailier Anglais Paul Sackey, le troisième ligne Wallaby George Smith et le pilier Néo-Zélandais Carl Hayman. La surprise du chef c’est quand même l’arrivée de George Smith, l’un des meilleurs troisième ligne au monde. Comme les joueurs qui évoluent en Europe ne peuvent pas être sélectionnés, George Smith a donc renoncé à la sélection Australienne pour se lancer ce nouveau défi dans le championnat de France. Il compte 110 sélections chez les Wallabies. Il est le flanker et même l’avant Australien le plus capé de l’histoire. Il est devenu le plus jeune joueur de l’histoire à atteindre la barre des 100 sélections à 29 ans et 4 jours. Il a déjà été élu 4 fois meilleur joueur Australien du Super 12 (avant qu’il ne s’appelle le Super 14). Grâce à George Smith, Paul Sackey (la fusée anglaise) et Carl Hayman (le pilier néo-Zélandais), Toulon a donc effectué un recrutement galactique qui pallie largement le départ de Sony Bill Williams qui a fait le choix de retourner en Nouvelle-Zélande dans l’optique de la coupe du monde 2011 qu’il rêve de disputer. Toulon disposera cette saison d’une troisième ligne redoutable avec George Smith, Joe Van Niekerk, Juan Martin Fernandez-Lobbe, Joe El Abd et Olivier Missoup. Depuis l’an passé et sa victoire à Toulouse 6-3, Toulon monte en puissance. Si le TOP 14 s’était joué au nombre de victoires, les Toulonais auraient fini premiers. Ils ont d’ailleurs fini fort la saison en enchaînant 10 victoires consécutives.

Le Racing Metro

Le Racing Metro jouait les premiers rôles dans le championnat de Pro D2 il y a trois ans avec Toulon. Aujourd’hui, ces deux clubs sont devenus deux places fortes du TOP 14. Les Ciel-et-blanc poursuivent cette année leur ascension dans les sommets du rugby Français commencée en 2006 quand le président Jacky Lorenzetti a repris les rennes de ce club. Le Racing s’est distingué par son recrutement bling-bling la saison passée avec trois têtes de gondoles : Sébastien Chabal, le sportif préféré des Français, Lionel Nallet, l’ancien capitaine de l’équipe de France et François Steyn, le plus jeune joueur de l’histoire à avoir remporté la coupe du monde avec l’Afrique du Sud en 2007 à seulement 20 ans et 5 mois. Sébastien Chabal, surnommé également Hannibal Lecter, l’animal ou le Boucher, a fait un retour gagnant en France l’année passée avec le Metro Racing. Selon une étude de la société Opta, il a été l’un des avants ayant gagné le plus de terrain balle en main. Chabal a terminé deuxième avec 969 mètres gagnés pour 22 matchs disputés derrière Chris Masoe qui a parcouru 992 mètres en 25 matches. Cette année encore, le président Lorenzetti a frappé un grand coup sur le marché des transferts en enrôlant Juan Martin Hernandez, l’ouvreur Argentin qui a fait les beaux jours du Stade Français par le passé. Ce joueur est surnommé  » el mago  » car à lui tout seul, il peut faire basculer le cours d’un match. Après une saison noire où il a été blessé au dos et n’a pas pu disputer le Super 14 avec les Natal Sharks, il aura à coeur de se relancer en France dans le top 14. Celui qui est considéré comme l’un des meilleurs joueurs au monde est donc de retour dans le championnat de France au Racing Metro où il sera associé en charnière au transfuge de Perpignan, le demi de mêlée Nicolas Durand, qui après avoir disputé deux finales consécutives avec les Catalans souhaite donner un nouvel essor à sa carrière. Hernandez est également un joueur polyvalent : il peut évoluer à la fois à l’ouverture, au poste d’arrière ou de centre. Il n’en n’est pas moins insaisissable pour ses adversaires tant il est à l’aise ballon en main, habile au pied. Il rend ses coéquipiers meilleurs. Sous les ordres de Fabien Galthié, c’est à l’arrière qu’il a fait longtemps le bonheur du Stade Français avant d’être repositionné à l’ouverture lors de la saison 2006-2007. En 2007, il a été élu meilleur joueur du championnat de France de rugby. C’est une distinction qui a été décernée pour la première fois à un joueur étranger. Si le Stade Français a raté sa saison l’an dernier, c’est en grande partie due à l’absence de son chef d’orchestre. Le Racing a également cassé sa tirelire pour faire venir à Colombes le prometteur trois-quart aile de Bayonne, Benjamin Fall. Ce joueur de 21 ans est une des stars du TOP 14 qu’il a éclaboussé de son talent l’an passé en terminant deuxième meilleur marqueur d’essais avec 7 réalisations en 15 matchs joués. Il a commencé le rugby il y a à peine 6 ans dans sa ville natale de Langon. Il a honoré sa première sélection avec le XV de France durant l’automne dernier contre les Samoa en inscrivant son premier essai avec les Bleus. C’est un ailier qui a des ailes, virevoltant, racé qui allie puissance et vitesse. Son transfert a coûté 506 000 euros aux dirigeants du Racing (clause libératoire de 300 000 euros plus 206 000 euros d’indemnités de formation). C’est une somme qui fait de Benjamin Fall le plus gros transfert de l’histoire du rugby professionnel en France. Au Racing Metro, il retrouvera Henry Chavancy, le trois-quart centre avec lequel il a remporté la coupe du monde des moins de 20 ans. Pierre Berbizier l’alignera peut-être cette année au poste d’arrière. Enfin le recrutement du Racing Metro est étoffé par les venues de Brugnaut le pilier international Français et de Mirco Bergamasco le trois-quart aile Italien qui évoluait au Stade Français.

Le Stade Toulousain

Le Stade Toulousain joue la carte de la stabilité en conservant un effectif pléthorique de bons joueurs. A Toulouse, les remplaçants sont des titulaires décalés. A la tête de cette équipe depuis 17 ans, Guy Novès a réussi l’an passé l’exploit de se qualifier pour la 17ème fois d’affilée en demi-finales du championnat. Il sait néanmoins que dans le rugby moderne on ne peut pas courir deux lièvres à la fois. Aussi-a-t-il fait l’impasse sur le championnat l’an passé pour se consacrer à la H Cup qu’il a remporté à l’issue d’un match somptueux contre Biarritz. Cette année Toulouse perd Jean-Baptiste Elissalde qui prend sa retraite en tant que joueur mais qui intègre le staff de l’équipe. Guy Novès mise sur la jeunesse car il a décidé de ne pas remplacer Elissalde afin de mieux lancer le jeune Nicolas Bézy dont l’année 2010-2011 pourrait coïncider à son éclosion dans l’élite. Les joueurs du Stade Toulousains servent d’ossature à l’équipe de France comme le talonneur William Servat, le troisième ligne et capitaine, Thierry Dusautoir, le demi-d’ouverture Frédéric Michalak, les trois-quart centre Jauzion, Fritz ou David, les trois-quart ailes Clerc ou Heymans. Enfin Médard et Poitrenaud à l’arrière.

Le Racing Metro, Toulon, Toulouse et Clermont sont les quatre favoris.
Mais Biarritz, le Stade Français, Perpignan et Castres peuvent faire office d’outsiders. 8 équipes peuvent être championne et cette incertitude est formidable pour le TOP 14 qui devrait nous garantir un suspens digne des plus grands polars!

Le Biarritz Olympique

Lors de la dernière décennie, le BO est l’équipe la plus titrée avec le Stade Toulousain et le Stade Français. Les Biarrots ont remporté le championnat en 2002, 2005 et 2006.
Sur le marché des transferts, le BO enregistre l’arrivée de l’ancien pilier du Stade Français, Sylvain Marconnet. Après 13 ans au Stade Frnaçais où il était un des tauliers, Sylvain Marconnet veut relancer sa carrière à un an de la coupe du monde. Après le départ de Dominici l’an passé, il y a eu une cassure pour Sylvain Marconet qui a rendu son brassard de capitaine. Dans la capitale, il a tout connu, la remontée en 1997 et cinq titres en 1998, 2000, 2003, 2004 et 2007. Il a également disputé deux finales de coupe d’Europe en 2001 et en 2005. Il s’est imposé au fil des saisons comme l’un des meilleurs piliers au monde. Il va apporter à Biarritz l’expérience d’un joueur international depuis 1998 qui a remporté à 4 reprises le Tournoi des VI Nations dont deux grands chelems. C’est le pilier Français le plus capé de l’histoire. Biarritz pourra compter sur ses cadres : Barcella (pilier), Thion (Deuxième ligne), Harinordoquy (troisième ligne), Yachvili (demi de mêlée), Traille (trois-quart centre), N’Gwenya (le rapide trois-quart aile américain) et Balshaw (l’arrière Anglais). Wenceslas Lauret, le jeune troisième ligne d’origine Réunionnaise pourrait être la confirmation de la saison. On attend beaucoup de ce joueur qui a tapé dans l’oeil de Marc Lièvremont qui l’a retenu pour la tournée d’été du XV de France. C’est un candidat sérieux pour la coupe du monde en troisième ligne.

Perpignan

C’est la seule équipe à avoir terminé la saison en remportant tous ses matchs à domicile. Aimé Giral demeure donc un bastion imprenable dans le Top 14. Néanmoins, sa dernière saison a connu des hauts et des bas comme par exemple cette défaite incroyable en H Cup à Trévise qui était réputé plus faible sur le score de 9-8. A l’intersaision, le club a perdu son demi de mêlée Nicolas Durand parti au Racing. Il a été remplacé à ce poste par l’ancien joueur d’Albi, Boulogne. Il n’y a pas eu de révolution puisque Perpignan a joué la carte de la stabilité en conservant ses joueurs confirmés comme Nicolas Mas, le pilier international, le trois-quart centre Maxime Mermoz, ou la révélation de la saison passée, le troisième ligne d’origine Camerounaise, Tchale-Watchou. Jacques Brunel, le coach Catalan pourra compter une nouvelle fois sur Tchou-Tchou comme le surnomment affectueusement les supporters. D’origine Camerounaise comme Serge Betsen ou les Frères NTamak, Robins Tchale-Watchou est la révélation du dernier championnat. Il rêve de porter le maillot de l’équipe de France même si une sélection en équipe Espoir du Cameroun pourrait briser ce rêve.

Le Stade Français

Le Stade Français a perdu des joueurs majeurs comme Marconnet, Kayser, Messina, Gasnier ou Bergamasco sans véritablement se renforcer. Au regard de leur dernière saison blanche, on voit mal comment une équipe amputée de Marconnet pourrait être meilleure d’autant plus qu’il y a eu un nivellement par le haut dans le TOP 14. Michael Cheika, l’ancien cador du Leinster (vainqueur de la H Cup en 2009) a pour mission de ramener de la discipline et du talent dans cette équipe. N’enterrons pas trop vite cette équipe qui récupère son maître à jouer, le demi de mêlée Dupuis qui avait écopé de 6 mois de suspensions suite à sa fourchette en H Cup sur l’Irlandais Ferris. Si l’on y regarde de plus près, cette équipe dispose d’une grosse pointure dans chaque ligne : Sarzewski (Talonneur), Papé en deuxième ligne, Parisse en troisième ligne, Dupuy en demi de mêlée, Beauxis à l’ouverture, Bastareaud comme trois-quart centre. De plus les argentins Gurruchaga et Tiesi sont des recrues prometteuses. Donc le Stade Français a les moyens de rebondir cette saison et de jouer les troubles fêtes. Néanmoins, l’équipe du président Max Guazzini est à l’image de son stade Jean Bouin : en reconstruction. Pour la peine, c’est à Charlétty que les soldats roses évolueront cette saison.

Castres

Le Castres Olympique est la bonne surprise du dernier exercice. A 27 ans, Benjamin Kayser est la principale recrue du club. A un an de la coupe du monde, il avait besoin de se relancer et de quitter la capitale où il jouait le rôle de doublure du talonneur Dimitri Sarzewski. Castres pourra également compter à l’arrière sur son taulier, Romain Teulet qui porte les couleurs du club depuis onze ans. A 32 ans, celui qu’on surnomme Robocop est toujours au sommet de sa forme. En inscrivant 263 points, il a terminé meilleur réalisateur du dernier championnat. Chris Masoe s’est également distingué en inscrivant 6 essais et en se classant parmi les meilleurs marqueurs. Ce qui constitue une performance de la part d’un avant…. En inscrivant 6 essais également, le deuxième ligne Tongien, Josefa Tekori a réalisé la même performance. Avec 992 mètres parcourus, on a vu que le Néo-Zélandais Chris Masoe était l’avant qui avait gagné le plus de terrain balle à la main. Le trois-quart aile, Andreu est une des grandes satisfactions de la saison passée.

Quelles sont les équipes qui vont se battre pour le maintien ?

Brive

Brive a failli se qualifier pour les barrages la saison dernière. Il y a des joueurs talentueux dans ce club comme Arnaud Méla en deuxième ligne ou Anthonie Claasen en troisième ligne. Estebanez et Palisson sont des grandes satisfactions également. A 1 an de la coupe du monde, ils auront à coeur de se distinguer dans ce championnat de France où ils ont une belle carte à jouer. Mais est-ce que ce sera suffisant pour maintenir Brive à flot dans le Top 14 ?

Montpellier

Le Club de Montpellier enregistre l’arrivée des deux entraîneurs Eric Béchu en provenance d’Albi et de Fabien Galthié. Ce club dispose de deux stars : François Trinh-Duc qui s’est imposé comme demi d’ouverture de l’équipe de France qui a remporté le grand chelem et son leader Fulgence Ouedraogo. Le club Héraultais à développé une Ouedraogo dépendance la saison passée car chaque fois que son troisième ligne ne jouait pas, le club a perdu. Si le buteur Todeschini a pris sa retraite, le club enregistre l’arrivée d’une perle du pacifique, l’ailier Fidjien de l’Ulster, Timoci Nagusa. Il mesure 1,95 mètres pour 95 kilos. Il a inscrit deux essais au cours de ses trois premières rencontres avec sa sélection. A 22 ans, ce jeune ailier rapide et finisseur a acquis de l’expérience en Irlande où il a joué avec l’Ulster ces deux dernières saisons. C’est un jeune ailier dont le profil rappelle celui de Nalaga. Montpellier devrait se maintenir sans problème dans le Top 14 sans forcément jouer les premiers rôles.

Bourgoin-Jallieu

La saison s’annonce très difficile du côté de Pierre-Rajon. Le club en proie à des difficultés financières l’an passé annonce de grandes ambitions dans les années à venir. Le président Maulin vise les six premières places d’ici 3 à 5 ans. Mais son budget de 9,7 millions semble trop modeste pour lui donner les moyens de ses ambitions. Surtout après le départ de Benjamin Boyet son demi d’ouverture parti à Bayonne. Bourgoin-Jallieu reste un bon club formateur comme l’attestent Florian Fritz, Yann David ou Morgan Parra entre autres. La seule recrue de poid semble être Alex Tulou, le troisième ligne Néo-Zélandais qui évoluait au sein de la franchise NPC de Taranaki après avoir porter les couleurs des Wellington Hurricanes. C’est un joueur polyvalent, puissant et rapide qui gagne ses duels et peut jouer à tous les postes de la troisième ligne. Comme beaucoup de clubs issus de petites ou moyennes villes, Bourgoin-Jallieu a du mal à exister dans l’élite du rugby Français à l’ère du professionnalisme. Le défi des Berjaliens sera de prouver cette saison qu’on peut être un bon club formateur et jouer en même temps les premiers rôles dans l’élite du rugby.

Bayonne

Le club Basque ne doit son maintien dans le top 14 qu’aux ennuis financiers de Montauban et à sa rétrogradation administrative. Car sportivement, Bayonne a terminé treizième la saison passée. L’arrivée d’un nouveau sponsor, Alain Afflelou, a permis au club de recruter des joueurs comme Benjamin Boyet, le demi d’ouverture de Bourgoin ou le pilier Clément Baïocco en provenance du Racing Metro qui avait été sélectionné par Marc Lièvremont au Tournoi des VI Nations. De plus, le transfert au Racing de son ailier vedette, Benjamin Fall a constitué une manne financière de 500 000 euros. Peu utilisé à Toulon la saison passée, Tonga Lea-Aetoa aura à coeur de s’imposer dans cette équipe Basque. Agé de 33 ans, le pilier Tongien s’est engagé pour une saison en faveur de l’Aviron. C’est un excellent joueur qui compte pas moins de 30 sélections avec l’équipe nationale du Tonga. Il devrait apporter du poid au pack Basque qui visera le maintien cette saison.

Agen

Avec un budget de 10 millions d’euros, la moitié de la plupart de ses concurrents, Agen a été contraint à un recrutement sage. Le club a remporté la saison passée le championnat de Pro D2 ce qui lui a permis de se hisser cette saison dans le TOP 14 où il fera figure de petit poucet avec La Rochelle, l’autre promu dont le budget n’est guère plus important (8 millions d’euros). Agen rêve de retrouver son lustre d’antan. Pour se maintenir dans l’élite, il pourra compter sur son ailier Fidjien Caucaunibuca. Il a inscrit la saison passée 13 essais en 25 matchs de Pro D2 et a été l’un des grands artisans de la remontée. Rupeni Caucaunibuca, s’il reste à Agen, promet d’être l’une des stars de ce championnat. C’est un ailier atypique au physique de pilier (1,80 mètres pour 106 kilos). Mais c’est l’un des joueurs les plus spectaculaires et les plus rapides du monde. Ce joueur hors norme peut gagner un match à lui tout seul. Il est arrivé en 2004 à Agen qui l’a repéré suite à la coupe du monde 2003. Il a été meilleur marqueur du TOP 14 en 2005 et en 2006 et il a été élu meilleur joueur du top 14 en 2006. En 2007, il avait disputé un match d’anthologie contre Toulon où il avait inscrit 3 essais (victoire finale d’Agen 33-0). Agen a plus que jamais besoin de son ailier supersonique pour se maintenir cette saison. Le recrutement a également vu l’arrivée de Courrent au poste d’ouvreur.

La Rochelle

Après 8 ans de purgatoire, La Rochelle est promu dans le Top 14. Les dirigeants parient sur la dynamique de la montée tout en apportant quelques retouches. Est-ce que ce sera suffisant pour ne pas imiter Albi la saison passée ? J’en doute. Mais j’espère bien me tromper pour les Rochelais. C’est grâce à un succès en finale des barrages contre le LOU que les Rochelais ont gagné leur billet cette saison dans le TOP 14. Ce fut un match très disputé où les Rochelais ont renversé la tendance après avoir été mené 3 essais à 0 au bout d’une demi-heure. Le club doit cette victoire à ses leaders dont le demi de mêlée Benjamin Ferrou qui a parfaitement cornaqué le pack Rochelais. Cette victoire en barrage était inespérée face au LOU qui avait battu La Rochelle au cours des ses deux confrontations de la saison. La Rochelle avait déjà souffert en demi-finale face à Oyonnax en s’imposant 6 à 3. Parmi les joueurs qui ont gagné de haute lutte cette montée, les coachs pourront s’appuyer sur le buteur Dambielle. L’ancien Biarrot, double champion de France, a été l’un des atouts majeurs de la Rochelle la saison passée. Pour Benjamin Ferrou qui était considéré comme le meilleur demi de mêlée de Pro D2 l’an passée, cette accession au Top 14 constitue une belle revanche sur la maladie, un diabète de type 1 qui l’a privé plus tôt d’une belle carrière professionnelle à Bourgoin qui s’offrait à lui. A 32 ans, ce dynamiseur dans le jeu offensif constitue l’un des points forts de l’équipe. Serge Milhas, l’entraîneur des Maritimes reste quand même pessimiste car il affirme : « Nous avons très, très peu de chances de nous maintenir. »

Si le TOP 14 est devenu de plus en plus attractif, c’est parce que ses règles privilégient le jeu offensif. De plus, 10 équipes peuvent être impliquées jusqu’au bout par les six premières places ce qui entretient un suspense hitchcokien. Les nouveaux sponsors et les nouveaux acteurs attirent des joueurs très prestigieux qui à leur tour attirent de nouveaux sponsors. C’est donc un cercle vertueux qui tend à rendre ce championnat de plus en plus populaire.




Ligue 1 : quel champion pour succéder à Marseille ?

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Ce soir, c’est la rentrée des classes pour les footballeurs de Ligue 1 qui vont repartir pour un nouvel exercice. L’OM remet donc son titre de champion de France en jeu. Le mercato a été très calme et on déplore peu de gros coups sur le marché des transferts.

LE FAVORI : LYON

Lyon fait figure de grand favori cette année. Après avoir été 7 fois de suite champion de France entre 2002 et 2008, les Lyonnais n’ont plus remporté le titre. Cette disette coïncide avec l’arrivée de Claude Puel. L’ancien entraîneur de Lille est très contesté par une frange des supporters Lyonnais qui lui reprochent ses échecs dans la quête du titre en championnat. De plus, certains estiment qu’il a imprimé son empreinte sur le jeu de l’OL. En effet, les Lyonnais ont un style de jeu à l’image de celui que leur entraîneur avait lorsqu’il était joueur à l’AS Monaco : défensif, rugueux, peu spectaculaire et souvent laborieux. Mais Claude Puel bénéficie de la confiance de son président Jean-Michel Aulas qui sait que son club est en de bonnes mains avec lui. Depuis son arrivée à Lyon, on observe une progression : les Lyonnais ont fini troisième du championnat en 2008 et deuxième en 2009. Donc les supporters attendent la consécration à l’issue de la nouvelle saison qui démarre ce soir. De plus, Puel a permis à l’OL de franchir un palier supplémentaire. Si par l’intermédiaire de ses prédécesseurs, le club s’est affirmé comme un grand club du championnat de France, il souffrait d’un déficit d’image au niveau Européen. Lyon n’a jamais été un grand club à l’échelle européenne comme le prouve son parcours en Champion’s League ou dans les autres coupes d’Europe qui n’a jamais dépassé le stade des quarts de finale. Or grâce à Claude Puel, Lyon s’est affirmé l’an passé comme un grand d’Europe en éliminant le Réal de Madrid en huitièmes de finales de la champion’s league et en se qualifiant aux dépens des Girondins de Bordeaux en quarts de finales. En atteignant pour la première fois les demi-finales de la Champion’s league, Lyon a enfin franchi une nouvelle étape dans sa progression sur le plan Européen. Enfin, Claude Puel a apporté son savoir-faire dans ce club et son intelligence tactique. Il a ainsi repositionné Jérémy Toulalan au poste de stoppeur en charnière centrale et son association avec Cris s’est révélée gagnante en Champion’s league. Il devrait donner de bonnes idées à Laurent Blanc dont le principal chantier est de rebâtir la charnière centrale de l’équipe de France. D’autant plus que Toulalan a été confirmé à ce poste de stoppeur cette saison. Claude Puel a également fait un travail en profondeur en lançant des jeunes comme Gassama en arrière latéral ou Maxime Gonalons au milieu du terrain. L’OL dispose dans son effectif de 6 joueurs qui viennent de remporter l’Euro des moins de 19 ans (Sébastien Faure, Alexandre Lacazette, Enzo Réale, Yannis Tafer, Thimothée Kolodziejczak, Clément Grenier). Il y a donc un réservoir de jeunes important qui va permettre à Claude Puel de faire tourner son effectif en vue de jouer les premiers rôles dans plusieurs compétitions. L’OL dispose d’un effectif pléthorique bien que le groupe n’enregiste que l’arrivée de Jimmy Briand. De nombreux joueurs n’ont jamais rien gagné et ont soif de titres : Michel Bastos, Miralem Pjanic, Hugo Lloris, Jimmy Briand, Aly Cysskho, etc… Donc Claude Puel joue la carte de la stabilité et a réussi son pari de relancer la machine Lyonnaise qui était en fin de cycle à son arrivée. Cette saison devrait être celle de la confirmation pour le jeune espoir du football Bosniaque Miralem Pjanic qui devrait être le maître à jouer de cette équipe Lyonnaise. Il a déjà conquis les coeurs de ses supporters qui sont tous devenus des groupies du Pjanic. Lyon a donc plusieurs atouts qui lui donnent une longueur d’avance cette année dans sa quête du titre :
- la culture de la gagne et l’expérience du plus haut niveau : depuis 10 ans, le club est toujours sorti de sa poule en Champion’s league et a toujours terminé dans les 3 premiers du championnat de Ligue 1
- la stabilité avec un recrutement qui va permettre aux joueurs en place de s’affirmer davantage et la confiance du président à son coach devrait être le terreau des succès à venir
- un effectif pléthorique avec un réservoir de jeunes joueurs talentueux très impressionnant

Quels clubs pourront rivaliser avec Lyon ?

Outsider n°1 : MARSEILLE

L’OM d’abord qui est champion de France en titre. Mais le club phocéen a été trop sage sur le marché des transferts. Actuellement, l’espagnol Azpilicueta est la seule recrue marseillaise. Les rumeurs annoncent le départ imminent de Ben Arfa. Mais on enregistre quand même le retour de prêt d’André Ayew qui au vue de ce qu’il a montré à la coupe du monde et avec Arles-Avignon la saison dernière, pourrait bien être la révélation de cette saison et la bonne surprise Marseillaise. André Ayew est le fils d’un ancien joueur Marseillais, Abedi Pelé. Il a été en 2009 champion du monde des moins de 20 ans avec le Ghana dont il était le capitaine. A la dernière coupe du monde en Afrique du Sud, il s’est imposé dans l’équipe du Ghana qu’il a conduit en quart de finale. Il a été le feu-follet de l’attaque Ghanéenne en Afrique du Sud. On attend beaucoup de lui cette saison. César Azpilicueta pourrait bien faire regretter à ses adversaires de concéder une touche quand on connait la puissance qu’il a au niveau des bras. La moindre touche à proximité des buts adverses devient un corner grâce à lui car c’est un véritable lanceur de javelots. Enfin, le jeune N’Diaye a montré dans les matchs de préparation qu’il pouvait être une excellente doublure de Suleymane Diawara en charnière centrale. Tout le génie de Didier Deschamps a été de repositionner Stéphane M’bia en charnière centrale pour renforcer la défense Marseillaise.

Outsider n°2 : BORDEAUX

Bordeaux a perdu Laurent Blanc, mais enregistre l’arrivée de Jean Tigana. C’est un excellent entraîneur qui a fait ses preuves en France avec Lyon et Monaco où il a gagné le titre de champion de France. Même si Bordeaux a été très discret sur le marché des transferts en enregistrant que la venue majeure du Serbe Savic en défense centrale, le fils de Dusan Savic (ex attaquant de Brest dans les années 80), Tigana a les moyens de bonifier le travail accompli par son prédécesseur, Laurent Blanc. Il dispose d’un groupe de joueurs, d’infrastructures et d’une culture de la gagne qui devraient lui permettre de maintenir Bordeaux parmi l’élite du football Français. Après le départ de Chamakh à Arsenal, l’attaquant Argentin Cavenaghi devrait prendre le pouvoir à la pointe de l’attaque. Il avait été élu meilleur joueur étranger du championnat de France en 2008. L’an passé, il a vécu dans l’ombre de l’attaquant Marocain, Marouane Chamakh. Il devrait exprimer tout son talent cette saison et concrétiser les bons ballons que Yohann Gourcuff lui adressera. On attend cette saison la montée en puissance du jeune Trémoulinas dont la première sélection en équipe de France contre la Norvège récompense son travail l’an passé.

Outsider n°3 : LILLE

Lille dispose d’une perle qui ne devrait pas rester longtemps dans le Nord : Eden Hazard. Ce joueur de rupture devrait encore mettre le feu dans les défenses adverses et se transformer en pourvoyeur de bons ballons pour ses attaquants : Gervinho ou Frau. Le milieu de terrain très équilibré, composé du trident Mavuba, Cabaye et Balmont devrait permetre à Lille de titiller les grandes écuries cette saison et de viser une place dans les cinq premiers. En défense Adil Rami, Debuchy ou l’expérience de son gardien de but Landreau devraient apporter un peu de sérénité à cette équipe.

Outsider n°4: AUXERRE

Auxerre bénéficie du bon travail de son entraîneur, Jean Fernandez. Grâce à lui, le club Bourguignon a gagné le droit de jouer le tour préliminaire de la Champion’s League contre le Zénith de St Pétersbourg. Jean Fernandez est un grand passionné de football. Depuis qu’on l’a découvert à la tête de l’AS Cannes au milieu des années 80, il n’a fait que du bien dans tous les clubs où il s’est arrêté. C’est lui qui a lancé à Cannes Zinedine Zidane et qui a été à la tête du centre de formation du club Azuréen qui a vu grandir des joueurs tels que Patrick Vieira, Johann Micoud, Sébastien Frey, Jonathan Zébina, Peter Luccin, David Jemmali, Laurent Leroy, etc…
Il a fait remonter plusieurs clubs en ligue 1 parmi lesquels Sochaux et le FC Metz. C’est quand il était entraîneur de Metz qu’il s’est déplacé avec Carlo Molinari, son président, pour assister à un match de National entre Brest et Raon l’Etape. A l’issue de ce match de National, il a enrôlé dans le club Lorrain un joueur Brestois alors inconnu : Franck Ribéry.
Nul doute qu’à Auxerre, avec le centre de formation Bourguignon dont il dispose, il devrait continuer de faire des miracles. On attend beaucoup de sa nouvelle recrue, Anthony Le Tallec, qui sera sans doute associé à la pointe de l’attaque avec le Polonais Jelen. Auxerre peut être le club idéal pour relancer la carrière de l’ancien champion du monde des moins de 17 ans en 2001.

Outsider n°5 : PSG

Après une première saison décevante à la tête du club parisien, Antoine Kombouaré a une obligation de résultats cette saison. En effet, la saison dernière le club parisien a terminé treizième du championnat. D’autant plus qu’en cette année où l’on fête les 40 ans du PSG, les dirigeants mènent une politique drastique pour pacifier les tribunes et refaire venir les familles au Parc des Princes. Donc le club a une obligation de résultats pour faire taire la colère des supporters de Boulogne ou d’Auteuil qui ne peuvent plus se réunir dans leur tribunes favorites car les places sont distribuées de manière aléatoire. Le recrutement du PSG a été malin et vise la stabilité. Guillaume Hoareau qui a été souvent blessé l’année dernière devrait être la grande révélation de cette saison. Mais peut-on vraiment parler de révélation tant on connaît le potentiel de ce joueur dont la grande taille lui permet de servir de point d’appui dans l’attaque parisienne. Son association avec le Turc Mevlut Erding devrait faire des étincelles. Le milieu a été renforcé avec l’arrivée du Brésilien Néné qui devrait apporter une touche technique et s’imposer comme le maître artificier de cette équipe où il manquait un tireur de coup-francs l’an passé. Mathieu Bodmer, l’autre recrue, va évoluer au milieu du terrain avec Claude Makélélé. Enfin, on espère que Sességnon sera moins irrégulier cette année car il nous a prouvé qu’il avait beaucoup de talent. Le jeune Mammadou Sakho a gagné ses premiers galons en équipe de France. Il est ce jeune stoppeur gaucher qui séduit Laurent Blanc. Les dirigeants Parisiens vont s’employer avant la fin du mercato à lui trouver un partenaire en charnière centrale. Des noms de grands défenseurs centraux sont régulièrement cités dans la rubrique des transferts : Zébina ou Gallas sont des pistes possibles.
Cette années devrait être l’année de la reconquête pour le PSG, car il y a des jeunes qui ne demandent qu’à s’épanouir à l’instar de Sakho, Chantome, Makonda, Maurice, etc…

Quelles seront les surprises ?

Le championnat qui commence ce soir comportera sûrement des équipes surprises. Qui sera « le tube de l’été » cette saison ? Bien malin qui pourra le deviner! On peut se risquer à avancer le nom de l’AS Monaco dont le technicien Aveyronnais, Guy Lacombe n’a pas fini de nous surprendre. On annonce l’arrivée d’un attaquant Congolais en provenance du Standard de Liège : Dieumerci M’Bokani. L’ex-Rennais, le Suèdois Peter Hansson va renforcer le club de la Principauté en défense centrale. Guy Lacombe pourrait lancer dans le grand bain le jeune Kevin Malcuit qui a montré de belles choses en matchs de préparation. Il pourrait être une des révélations de ce club en attaque.

On salut au passage le retour en Ligue 1 du Stade Brestois après une longue absence. On n’a pas oublié ce club et son président, Yvinnec dans les années 80 qui avait fait venir de grands joueurs dans le championnat de France : Julio Cesar, Jose Luis Brown, Roberto Cabanas, Sergio Goycotchea, etc… Son entraîneur, Alex Dupont qui est un chantre du beau jeu, pourrait créer la surprise en maintenant son équipe à flot en ligue 1…

Enfin, comme chaque saison, Lorient perd ses meilleurs joueurs mais grâce à son entraîneur, Christian Gourcuff, en révèle de nouveaux. Il est fort à parier que Francis Coquelin, champion d’Europe des moins de 19 ans avec l’équipe de France et prêté par Arsenal, pourrait être une des nouvelles trouvailles du sorcier Breton.







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