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Critique du film LA FILLE DU PUISATIER de Daniel Auteuil

25 04 2011

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Un proverbe dit : « En avril, ne te découvre pas d’un film. » Et si vous craignez d’attraper un coup de froid, rien de tel qu’un film qui vous transporte sous le soleil de Provence… Après Jean de Florette, Manon des sources ou encore La Gloire de mon père et Le château de ma mère, Daniel Auteuil nous offre une nouvelle adaptation au cinéma d’un roman de Marcel Pagnol.
Avant de briller dans Jean de Florette et dans Manon des sources, Daniel Auteuil a longtemps été associé à des comédies populaires et légères (Les sous-doués notamment).
C’est dans ces deux films que Daniel Auteuil a pris toute sa dimension de comédien dramatique en incarnant Ugolin et en raflant le césar du meilleur acteur en 1986.
C’est donc dans l’univers de Marcel Pagnol que l’acteur se lance pour sa première réalisation en tant que metteur en scène avec une nouvelle adaptation de La fille du puisatier.
Daniel Auteuil est à la fois derrière et devant la caméra en incarnant le puisatier. Son film est servi par de bons acteurs : Nicolas Duvauchelle, Jean-Pierre Daroussin, Sabine Azéma, Kad Merad, Astrid Berges-Frisbey dans le rôle éponyme ou encore Marie-Anne Chazel. Avec de tels acteurs, la mayonnaise, ou plutôt, l’aïoli, ne pouvait que prendre…
L’histoire se déroule peu avant la seconde guerre mondiale à Salon de Provence où la fille d’un modeste puisatier est séduite par le fils d’une famille bourgeoise dont le père tient un bazar.
Suite à leurs brèves rencontres, Patricia, la fille du Puisatier, tombe enceinte de Jacques. Mais son amant est enrôlé à la dernière minute dans l’armée et doit donc rejoindre le front sans avoir le temps de la revoir ou de lui expliquer son départ.
La fille révèle son chagrin à son père qui décide de rendre visite à la famille de Jacques Mazel. Bien que rustre, ce puisatier est aussi orgueilleux et plein d’honneur. C’est un personnage digne d’une pièce de Corneille car il est prêt à sacrifier l’amour qu’il voue à sa fille sur l’autel de son honneur. Si la famille du jeune homme qui l’a mise enceinte n’accepte pas sa fille, cette dernière deviendra une fille-mère et son enfant sans père sera un bâtard.
Le puisatier estime que sa fille l’a trahi et déshonoré. Il envisage de l’abandonner et de la renier. Pascal Amoretti, le puisatier que Daniel Auteuil joue, est un personnage intègre qui est peut-être pauvre parce qu’il travaille au fond d’un puit et que sa condition sociale est basse, mais il a des valeurs morales très élevées. Daniel Auteuil incarne un puit de conscience ! On appréciera dans ce film l’humanité et la simplicité de l’acteur-réalisateur qui restitue toute la justesse de l’œuvre de l’écrivain. Pour s’attaquer à un tel projet après la première version de Pagnol en 1940 avec Raimu et Fernandel, il fallait avoir beaucoup d’audace !
Daniel Auteuil signe un film à la fois sensible, pleins d’émotions et fidèle à l’esprit de Marcel Pagnol. Tous les acteurs ont adopté l’accent provençal incontournable chez cet auteur. Grâce à leurs accents, ils parlent de cette région du midi de la France même lorsqu’ils n’en parlent pas. Est-il possible d’adapter un roman de cet auteur sans cet accent qui nous fait respirer les parfums de la lavande et du romarin, entendre le chant des cigales et nous éclaire avec le soleil de la Provence ? Un film inspiré d’une œuvre de Pagnol sans un tel accent serait comme une anchoïade sans anchois ! Le personnage principal, le puisatier, est un héros haut en couleur. Il est truculent car lorsqu’il rend visite à Madame et Monsieur Mazel en vue de marier Patricia, il présente toutes ses autres filles comme un fermier montrerait la bonne santé de ses bêtes dans le but de les vendre. Mais derrière la truculence du personnage, il y a la noblesse de ses sentiments qui prend le dessus et qui l’élève au-dessus de sa modeste condition matérielle. Ce n’est pas parce qu’il passe le plus clair de son temps au fond d’un puit, qu’il est un… sot. D’ailleurs un proverbe dit : « Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que des sotes gens. » Et ce puisatier parvient à faire passer pour des sots, cette famille et cette mère dont la soif de réussite sociale qu’elle nourrit pour son fils parvient à corrompre les sentiments et les actions… Au contraire, Pascal Amoretti, grâce à ses valeurs morales qui font toute sa richesse, est encore plus profond que les puits dans lesquelles il gagne sa vie!
Daniel Auteuil s’est à ce point impliqué dans la réalisation de ce film, qu’il en tient le rôle clef et que c’est son fils, Zachary Auteuil, qui joue le rôle du fils de La fille du puisatier.
Si c’est une oeuvre de Marcel Pagnol adaptée par Claude Berri qui nous avait révélé le talent d’acteur de Daniel Auteuil, c’est encore une oeuvre de Marcel Pagnol qui nous révèle aujourd’hui le grand réalisateur qui sommeillait en Daniel Auteuil…


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