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Critique du film MA PART DU GATEAU de Cédric Klapisch : la crise sur le gâteau

9 04 2011

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Si l’argent ne fait pas le bonheur, le manque d’argent le fait encore moins! J’ai été déçu par Ma part du gâteau, le dernier film de Cédric Klapisch. En partant du constat que nous vivons dans un monde qui fabrique de plus en plus de profits et où de moins en moins de gens en profitent, le réalisateur de L’auberge Espagnole, des Poupées Russes ou de Paris s’est attaqué à une comédie sociale à l’humour grinçant sur fond de crise économique. Ce film met en exergue l’antagonisme entre la France d’en haut, incarnée par Gilles Lellouche et la France d’en bas représentée par Karin Viard. Il met en scène l’opposition entre Steve, un trader sans foi ni loi qui évolue à la Défense et France, sa femme de ménage, une ancienne ouvrière du nord licenciée suite à la délocalisation de son entreprise en Chine. Ma part du gâteau a autant pour but de divertir que d’avertir. En trouvant un ressort comique dans une situation tragique, Cédric Klapisch atteind son premier objectif grâce à des scènes d’anthologie servies par une Karin Viard au sommet de son art. On se rappelle au passage que c’est Cédric Klapisch, ce grand Pygmalion du cinéma Français, qui avait révélé Karin Viard dans son premier long métrage Riens du tout en 1992. En revanche, ce film n’atteind pas son deuxième objectif car il sombre dans les clichés et nous propose une vision manichéenne de la société : il enfonce des portes ouvertes. Le réalisateur pose à travers ce film la question de savoir si le capitalisme est moral. Autrefois à la Bourse, on avait des valeurs, maintenant, on a des voleurs! Le personnage de Steve est perverti par un système dans lequel les hommes ne travaillent plus les uns avec les autres mais les uns contre les autres. Le metteur en scène sombre dans les lieux communs en opposant l’individualisme des riches à l’action collective des pauvres. Les uns sont solitaires, les autres sont solidaires. Ma part du gâteau se laisse néanmoins manger avec délice car Cédric Klapisch applique la recette des comédies populaires à base de dialogues savoureux qui a bâti son succès depuis le début de sa carrière même si la fin du film vous laissera sûrement sur votre faim. Ma part du gâteau fait plusieurs clins d’oeil à Pretty Woman car c’est une comédie sur la mixité sociale. La femme de ménage incarnée par Karin Viard évoque la Cendrillon que campait Julia Roberts. Mais Gilles Lellouche incarne un personnage cynique qui est aux antipodes de l’archétype du prince charmant. Si le malheur des pauvres est de voir le bonheur dans les richesses, le malheur des riches est de ne pas l’y trouver. Avec Ma part du gâteau, Cédric Klapisch nous rappelle que l’argent n’est que la fausse monnaie du bonheur.


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