Fichier PPS : spécial poisson d’avril

31032011

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Qui adaptera LES YEUX JAUNES DES CROCODILES de Katherine Pancol au cinéma ?

25032011

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« Claude Lelouch, retenez-bien ce nom, vous n’en entendrez plus jamais parler. » voilà ce que disait Les Cahiers du cinéma à la sortie de son premier film en 1960 : Le Propre de l’homme.
Le cinéaste avait tellement été marqué par l’échec cuisant de ce film qu’il avait détruit les négatifs. Cinquante ans plus tard, Claude Lelouch continue de faire parler de lui car il était pressenti en Janvier 2010 pour adapter au cinéma Les yeux jaunes des crocodiles avant d’annoncer en Juin 2010 qu’il abandonnait ce projet. Avec Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues ou Les Écureuils de Central Park sont tristes le lundi, Katherine Pancol a remporté un immense succès qui l’a propulsé en tête des meilleures ventes de livres. Avec un brin de jalousie, car il ne vendra jamais autant de livres qu’elle, Patrick Besson suggère à Katherine Pancol d’intituler son prochain roman : Les haricots ne cuisent pas tout seuls dans la casserole. Et il faut reconnaître que le jour où Patrick Besson vendra autant de livres que Katherine Pancol, alors les carottes seront vraiment cuites pour la littérature Française !
Le premier volet de sa trilogie, Les yeux jaunes des crocodiles raconte l’histoire de deux soeurs, Joséphine et Iris que tout oppose. L’une habite en banlieue à Courbevoie, est passionnée par le XIIème siècle et par les livres sur le Moyen-Âge, et s’est fait plaquer par son mari. Elle doit donc faire face toute seule aux dettes que lui a laissé son mari pour élever ses deux filles, Hortense et Zoé. La deuxième soeur, Iris, a réussi dans la vie car elle a fait un beau mariage avec un brillant avocat et elle vit à Paris avec leur fils Alexandre. Mais passée la quarantaine, elle rêve d’épater son mari en écrivant un livre afin de mettre du piment dans sa vie de couple. Après avoir lancé l’idée dans un dîner, un éditeur la prend au pied de la lettre et lui demande de lui remettre les premiers feuillets de son manuscrit. Iris demande à sa soeur d’écrire le livre à sa place. En contrepartie, Iris usera de son charme pour assurer la promotion du bouquin sur les plateaux télé. Tout ce qui intéresse Iris Dupin, c’est les feux de la rampe. Elle est prête à céder tous les droits d’auteurs et les revenus engrangés par la vente de ce livre à sa soeur qui en a davantage besoin qu’elle.

Le nom de Claude Lelouch s’imposait dans la mesure où il s’est déjà distingué en réalisant des films choral (à l’instar de Robert Altman ou plus récemment de Alejandro Gonzalez Inarritu), d’où sa légitimité sur ce projet. Donc il n’aurait pas dû être déstabilisé par cet exercice de style qui consiste à mettre en scène une histoire dans laquelle gravite une quinzaine de personnages… Mais attention, la dernière fois qu’il a adapté un roman au cinéma c’était… Les misérables et on se souvient qu’il avait choisi Jean-Paul Belmondo dans le rôle de Jean Valjean et qu’il avait transposé l’histoire de Victor Hugo durant la seconde guerre mondiale!
En tout cas, il avait pris de l’avance dans l’adaptation de la saga de Katherine Pancol puisque des scènes du second volet étaient déjà tournées : La valse lente des tortues. En effet, dans le rôle de Philippe, il avait choisi Jean-Louis Trintignant et dans celui de Joséphine, Anouk Aimé. Chabadabada. A moins que ce ne soit Un homme et une femme qui ait inspiré la scène à la fin du livre de Katherine Pancol, dans laquelle Philippe retrouve Joséphine à Deauville un soir d’orage…
Mais la musique qui retentit dans le coeur de Joséphine est celle de Sinatra : DOUBIDOUBIDOU, Strangers in the night… Exchanging glances, lovers at first sight, in love for ever, doubidoubidou…
Le troisième volet de la trilogie s’intitule : Les Écureuils de Central Park sont tristes le Lundi. C’est pour cette raison qu’il faut lire ce livre un dimanche pour pouvoir apprécier toute la gaieté qui en émane! En tout cas, le reproche qui a été fait à ce roman, c’est qu’il met en valeur Hortense au détriment d’autres personnages qui seraient plus attachants! Paradoxalement, beaucoup de gens s’imaginent que Katherine Pancol se met en scène dans ses romans à travers le personnage de Joséphine qui est gauche, altruiste, cultivée, lettrée et qui écrit des livres qui rencontrent un immense succès. Eh bien, ils ont tort. Katherine Pancol n’aime pas beaucoup Joséphine même si elle en a fait un personnage sympathique et attachant qui a contribué au succès de sa trilogie. En réalité, Katherine Pancol aime davantage la personnalité de battante d’Hortense. Cette fille a une personnalité arriviste et opportuniste : elle a beaucoup de courage et elle veut tout mettre en oeuvre pour réussir. Les émotions sont pour elle un frein au succès, donc elle les refoule. Ça ne l’empêche pas d’avoir des idées et une sensibilité artistique qui lui permettent de faire la différence dans le milieu de la mode. Katherine Pancol l’a reconnu au cours d’interviews. Comme par hasard, Hortense est amoureuse de GARY, un personnage dont le prénom évoque le nom d’un très grand Écrivain. Dans La valse lente des tortues, Katherine Pancol a semé des cailloux comme le petit Poucet afin de permettre au lecteur de retrouver la trace qui mène à son père spirituel. Romain Gary a joué un rôle très important dans la carrière de Katherine Pancol : il a été comme un mentor… Ce grand mystificateur a remporté deux fois le prix Goncourt avec Les racines du Ciel (sous le nom de Romain Gary) et La vie devant soi (sous le pseudonyme d’Emile Ajar). Il a inspiré le personnage de GARY avec qui il entretient des similitudes : il a été élevé seul par sa mère qui a joué également un rôle de père pour lui. Pour Mina, la mère de Romain Gary, son fils était un prince…. Pour Shirley, Gary est le petit-fils de la reine d’Angleterre. On relèvera au passage que La valse lente des tortues est dédiée à Roman (le prénom de Roman Kacew alias Romain Gary). La citation qui figure en exergue du roman est de Romain Gary :
« C’est horrible de vivre une époque où au mot sentiment, on vous répond sentimentalisme. Il faudra bien pourtant q’un jour vienne où l’affectivité sera reconnue comme le plus grand des sentiments et rejettera l’intellect dominateur. »
Et Katherine Pancol cite plusieurs fois des passages de Clair de femme de Romain Gary au cours de son roman.
« Il irait jusqu’à la Serpentine et remonterait sur Bayswater. Ou il s’allongerait dans l’herbe et finirait son livre. Clair de femme de Romain Gary. J’aurais à lire des mots de Gary au Crapaud. Lui dire qu’un homme, un vrai, n’est pas celui qui claque les femmes ou se fait sucer par des anonymes goulues, mais celui qui écrit : « Je ne sais pas ce que c’est, la féminité. Peut-être est-ce seulement une façon d’être un homme. »"
Plus loin, on peut encore lire :
« Il referma Le Monde et sortit de sa poche le roman de Romain Gary. Il l’ouvrit au hasard et lut cette phrase :
« Aimer est la seule richesse qui croît avec la prodigalité. Plus on en donne et plus il vous en reste. »"
Enfin, dans ses remerciements à la fin du livre, elle fait allusion À Hildegarde (de Bingen? en référence au Moyen-Âge), Jean-Marie, et… Romain qui veillent sur elle, posés là -haut dans les Étoiles! C’est amusant de penser que Romain Gary qui est posé là -haut dans les étoiles est celui qui l’a mise sur orbite dans sa carrière d’écrivain!
Romain Gary a été le Pygmalion de Katherine Pancol car c’est lui qui lui a ouvert les portes de la littérature et qui l’a encouragé à publier son premier roman Moi d’abord alors qu’elle avait embrassé une carrière de journaliste à Paris-Match. C’est au cours de cette carrière de journaliste qu’elle a interviewé de nombreuses personnalités : Ronald Reagan, Meryl Streep, Louise Brooks et… Cary Grant!
Après le succès rencontré par Moi d’abord (il s’est quand même vendu À 300 000 exemplaires), elle est partie au Etats-Unis où elle a suivi un stage d’écriture qui lui a permis d’apprendre des techniques (du genre  » tout personnage doit avoir un secret « , etc…) Et d’écrire aujourd’hui des romans qui s’inscrivent dans une tradition anglo-saxonne de  » page-turners « …
A ceux qui se demandent à quoi ressemblent les trois derniers romans de Katherine Pancol j’aurai envie de répondre : « c’est un film de Lelouch adapté en roman à l’eau de rose par Frédéric Dard! » En effet, on retrouve la verve de Frédéric Dard dans la description de certains personnages truculents (notamment Marcel Grobz et sa choupette que l’auteur de San-Antonio n’aurait pas rénié!). La lecture Des yeux jaunes des crocodiles est jouissive.

A l’instar de Katherine Pancol qui, dans ses remerciements se tourne vers la voûte étoilée pour remercier les bonnes étoiles qui veillent sur elle, Joséphine, le personnage principal de son roman, scrute le ciel afin de communiquer avec son père qui veille là-haut sur elle… S’il y a beaucoup d’étoiles qui gravitent autour des romans à succès de Katherine Pancol, il ne manque plus que des stars pour incarner ses personnages au cinéma.
A la fin de son chef-d’œuvre, La promesse de l’aube, un récit autobiographique, Romain Gary a écrit : « qu’on veuille bien regarder attentivement le firmament, après ma mort : on y verra, aux côtés d’Orion, des Pléïades ou de la Grande Ourse, une constellation nouvelle : celle du Roquet humain accroché de toutes ses dents à quelque nez céleste. »







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