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L’homme qui voulait vivre sa vie d’Eric Lartigau

28102010

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L’homme qui voulait vivre sa vie est un film qui va sortir le 3 Novembre avec Niels Arestrup, Marina Foïs (la compagne du réalisateur : Eric Lartigau), Romain Duris et Catherine Deneuve.

Ce film est l’adaptation d’un roman de Douglas Kennedy qui porte le même titre. Comme tous ses romans qui se lisent d’une traite au cours d’une nuit d’insomnie, il s’inscrit dans la lignée de ce qu’on appelle aujourd’hui « un page-turner » car l’auteur excelle dans l’art de donner envie à son lecteur de tourner au plus vite la page suivante. Douglas Kennedy est fidèle à son habitude de décrire la descente aux enfers de son personnage principal. Quand Ben Bradford, le héros de ce roman, a touché le fond, il continue de creuser… Ses romans appartiennent à une tradition anglo-saxonne dans laquelle l’histoire est plus importante que le style. L’homme qui voulait vivre sa vie raconte l’histoire d’un avocat de Wall Street qui mène une vie paisible en apparence avec sa femme et ses deux enfants. Mais tous deux ont renoncé à leur rêve : lui, celui de devenir photographe et elle, celui de publier un roman.

La naissance de leur deuxième enfant, Josh, qui les réveille au milieu de la nuit avec ses cris, est le prétexte de leurs disputes fréquentes. Le nourrisson ne dort jamais plus de 5 heures d’affilée. Sa femme se détache de son mari progressivement, jusqu’au jour où il soupçonne qu’elle mène peut-être une double vie…

Le début du roman ressemble étrangement à un film américain sorti en 2002, avec Richard Gere et Diane Lane, d’Adrian Lyne : Infidèle.

En fait, le scénario du livre est pratiquement identique à celui de ce film jusqu’à la fameuse rencontre entre Richard Gere et Olivier Martinez (l’amant de sa femme) et au moment où le mari trompé perd le contrôle de lui-même et commet l’irréparable.

C’est à ce moment précis, que le roman de Douglas Kennedy va se rapprocher d’un deuxième film : Plein Soleil de René Clément avec Alain Delon ou si vous préférez, Le talentueux Monsieur Ripley d’Anthony Minghela qui est une version plus récente du roman de Patricia Highsmith avec entre autres Jude Law et Matt Damon…

L’homme qui voulait vivre sa vie, nous relate l’histoire d’un homme qui découvre que sa femme a une double vie. En voulant vivre sa vie, le héros, va vivre, en fait, la vie de quelqu’un d’autre… (comme dans le talentueux Mr Ripley). Il va usurper une identité qui n’est pas la sienne.

Donc je pars avec des a priori très négatifs sur le film car l’histoire a déjà été traitée plusieurs fois au cinéma.

Dans la vie de tous les jours on joue tous un personnage (en latin, persona signifie le masque). C’est pour cette raison que Sacha Guitry remarquait :  » Tous les hommes naissent comédiens sauf quelques acteurs.  » Entre ce que nous voulons être, ce que les autres veulent que l’on soit, ce que l’on croit être et ce que l’on est vraiment, il y a toujours une différence. Le héros du roman de Douglas Kennedy, joue un rôle, celui que d’autres ont déterminé à sa place (son père notamment) afin qu’il ait un certain prestige social. Mais il a renoncé à son rêve : exprimer son âme d’artiste à travers la photographie. La réussite sociale ne suffit pas à son épanouissement car l’argent n’est que la fausse monnaie du bonheur. Sa femme se détache de lui et il est malheureux. Que de temps perdu à vouloir gagner sa vie. C’est parce que nous passons davantage de temps à vouloir gagner notre vie qu’à la vivre que de plus en plus de gens, aujourd’hui, décident de tout abandonner pour recommencer à zéro. Les exemples foisonnent autour de nous et on pourrait d’ailleurs se demander pourquoi Eric Lartigau n’est pas aller chercher François-Xavier Demaisons pour jouer le rôle principal puisque ce roman de Douglas Kennedy raconte un peu sa vie : celle d’un golden boy à Wall Street qui a tout plaqué pour mener une existence de saltimbanque et d’artiste. Il est plus important de réussir sa vie que de réussir dans la vie… De plus en plus de gens, rêvent de quitter le confort d’une vie sédentaire et de mener une existence nomade en s’exilant dans des contrées lointaines aux antipodes : en Australie par exemple… Donc la thématique de ce film peut les interpeller. Car c’est lorsqu’on s’éloigne de tout que l’on se rapproche de l’essentiel. Le roman de Douglas Kennedy est intéressant car il pose une problématique : sommes-nous les acteurs de notre propre vie ou de simples spectateurs ? Comment peut-on créer sa propre réalité au lieu de la subir ? Peut-t-on renoncer au renoncement ? Comme dirait le poète Thorau :  » Si tu n’es pas toi-même, qui donc le sera ? »







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