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L’implosion : le livre explosif du docteur Jean-Pierre Paclet

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Le Docteur Paclet a été pendant plus de 15 ans le médecin de l’équipe de France de Football. Mais il a été évincé à la suite de l’Euro 2008 en Suisse pris dans la tourmente de « l’affaire » Vieira. Ce livre lui offre une occasion de s’expliquer et de règler ses comptes avec Raymond Domenech qui lui a fait endosser sa faute : sélectionner Vieira à cette Euro alors qu’il s’était blessé…
Revenons d’abord sur son parcours atypique. Il se destinait à l’origine à des études d’ingénieur en faisant math sup et math spé, mais il n’a pas réussi dans cette branche. Contrairement, à la plupart de ses confrères, ce n’est pas la médecine qui lui a fait découvrir le football mais l’inverse. C’est le football qui lui a donné cette vocation de médecin. En effet, c’est en tant que joueur de football au PUC (Paris Université Club) et dans le cadre de l’ASSU (l’Association du Sport Scolaire et Universitaire) qu’il se distingue. Il évolue au poste de stoppeur. Après un bac C (scientifique) décroché avec mention bien et un an d’avance, il se destine dans un premier temps à des études d’ingénieurs. En Terminale, il atteind les demi-finales du championnat de Paris de l’ASSU. Et en classe préparatoire, il est tellement indispensable à son équipe, que le proviseur du Lycée Henri IV modifie les horaires du cours de mathématiques afin de lui permettre à lui et à son compère, Jean Marchal, de disputer les matchs qui avaient lieu au même moment. Il jouera la finale du championnat des lycées au terme de son année scolaire. Parallèlement, il intègre l’équipe première du PUC qui évolue en division d’honneur (l’équivalent de la cinquième division). C’est finalement un de ses amis au PUC qui est en première année de médecine, Henry Bonfait, qui lui donne envie de se réorienter dans ses études et d’embrasser la carrière médicale.
En 1977, dans le cadre de son service militaire, il est détaché comme médecin de la Fédération Française de Ski. Comme il le dit avec humour, la neige ne lui fait pas perdre la boule.
Le hasard le conduit ensuite a intégré le staff du stade Français au début des années 80. Ce club amateur connait alors une ascension fulgurante en passant de la division d’honneur à la deuxième division. Mais trois saisons plus tard, le Stade Français met la clef sous la porte.
En 1990, un coup de fil de Gérard Enault, un ancien gardien de but qu’il a connu au PUC, et qui est désormais directeur adjoint de la fédération Française de football, relance sa carrière. Il intègre finalement la FFF en 1992 en tant que médecin de l’équipe de France espoirs alors entraînée par Marc Bourrier. Mais ce dernier est bientôt sur le départ car il a été choisi par Bernard Tapie pour devenir l’entraîneur de l’OM. Il a donc côtoyé Raymond Domenech de longues années avec les espoirs et l’a donc accompagné dans son ascension au sein de l’équipe de France A. Il explique que malgré les grands joueurs qui sont passés entre ses mains (Henry, Anelka, Trézéguet, Thuram, Makelele, Pirès, etc…) Raymond Domenech ne peut se vanter avec les espoirs que d’un seul fait d’armes : la victoire au Tournoi de Toulon en 2004 contre la Suède sur le score de 1-0.
En 2002, il vit sa première coupe du monde en tant que médecin du Japon. Il s’agit d’une pige que lui a demandé de faire Philippe Troussier, le sélectionneur des Samouraïs. En 2003, il opère d’une lésion au ménisque un champion de Sumo Japonais à Paris, Takanohana. Ce qui lui vaut d’être reçu par Jacques Chirac à l’Elysée avec le champion Japonais que le chef de l’état considère comme un Dieu vivant.
Le 12 Juillet 2004, Domenech est nommé sélectionneur de l’équipe de France A. Après avoir travaillé 11 ans ensemble chez les espoirs, Domenech l’intègre dans le staff de l’équipe de France A.

Le 18 Août 2004, la France dispute son premier match sous la nouvelle ère Domenech à Rennes contre la Bosnie-Herzégovine dans le cadre d’un match amical. Ce premier match s’achève sur le score de 1-1. Après le dîner à l’hôtel, Domenech convoque tous ses joueurs à 3 heures du matin dans une petite salle pour leur infliger une session de PNL (Programmation Neuro-Linguistique). Chaque joueur doit se remettre en cause et faire son auto-critique en évaluant ce qu’il a fait de bien et de moins bien à l’occasion d’un séance collective. Barthez est au bord de la crise de nerf.

L’éviction de Robert Pirès

Dans son livre, Paclet nous livre les vraies raisons de l’éviction de Robert Pirès qui était pourtant un pilier de cette équipe de France quand Domenech l’a reprise en main. Pour mémoire, Pirès qui avait été champion du monde en 1998, est le joueur qui, suite au coaching gagnant de Roger Lemerre en finale de l’Euro 2000, délivre la passe décisive à Trézéguet contre l’Italie qui inscrit le but en or.
Donc, Paclet dénonce l’attitude de Domenech qui fait de Pirès son souffre-douleur. Domenech assoit son autorité au détriment de Pirès qu’il humilie. Il prend pour exemple un entraînement où Pirès à l’instar de tous ses coéquipiers ne porte pas de protège-tibia. C’est pourtant lui, le joueur le plus capé de l’équipe, qui se fait vertement tancer par Domenech. Le 13 Octobre 2004, la France affronte Chypre dans le cadre des éliminatoires de la coupe du monde. A la mi-temps, la France mène 1-0. Dans les vestiaires, Domenech attaque Pirès :
- Caraï, tu sors! T’es pas bon!
Devant cette nouvelle humiliation, Pirès est mortifié. C’était sa dernière apparition avec les Bleus.
Paclet cherche à comprendre pourquoi Domenech a fait de Robert Pirès le mouton noir de l’équipe de France. En interrogeant certains joueurs, il apprend :
« La clé de la réponse n’est pas sur le terrain, mais en dehors. Les joueurs m’informent que Pirès aurait été très proche d’Estelle Denis et que Domenech ne le supporte pas. Si tel est le cas, il y a prescription de toute façon. »

L’éviction de Giuly

Le docteur Paclet écrit quelques lignes plus loin : « Il franchit de nouveau la limite, un an plus tard, le 12 Octobre 2005, après la rencontre contre Chypre, en écartant Ludovic Giuly qu’il accuse d’échanger des SMS avec Estelle Denis. Ce ne sont pourtant que des textos amicaux. Lui qui a disputé tous les matchs des éliminatoires sera l’absent surprise de la liste pour la Coupe du monde 2006 en Allemagne. »

La demande en mariage à Estelle

Après l’échec de la France à l’Euro 2008 contre l’Italie 2-0, Domenech est interrogé par un journaliste de M6. Il déclare : « Je n’ai qu’un seul projet, c’est d’épouser Estelle. C’est aujourd’hui que je lui demande. Je sais que c’est difficile, mais c’est dans ces moments-là qu’on a besoin de tout le monde et moi, j’ai besoin d’elle. »
Sur le quai de la gare pour rentrer à Paris, Domenech confie au Docteur Paclet les vraies raisons pour lesquelles il aurait fait cette demande en mariage incongrue :
« C’est la seule connerie que je pouvais sortir pour me payer la tête des journalistes. »
Car la vindicte qu’entretient Domenech avec les journalistes est réelle. Mais nous y reviendrons plus loin.

La coupe du monde 1998

Pour le Docteur Paclet, il y a deux catégories de médecins : ceux qui préparent et ceux qui réparent. Il se définit dans la deuxième catégorie car il n’a jamais considéré que son métier était de préparer les joueurs pour booster leur performance… Il évoque les méthodes du Docteur Agricola à la Juventus de Turin dans les années 90. Pour faciliter la récupération des joueurs, la tentation était grande de donner aux joueurs des produits tels que l’Erythropoïétine plus connu sous le nom de l’EPO. A quoi ça sert ? C’est un produit qui augmente le nombre de globules rouges dans le sang. De 38% à 42% pour une personne normale, on fait grimper le taux de globules rouges à 50% voir plus grâce à ce produit. Le but de ce médicament est de permettre un meilleur transport de l’oxygène des poumons vers les muscles. Il s’agit donc de diminuer l’état de fatigue des joueurs.
Il y a également les hormones de croissance qui développent la puissance musculaire. Pour savoir si un joueur a pris des hormones de croissance, il suffit de vérifier quels joueurs ont gagné entre 20 et 30 ans plusieurs pointures de chaussures. Car les hormones de croissance font grandir les pieds.
La créatine fait quand à elle gonfler la masse musculaire des joueurs.
Selon le Docteur Paclet, pour lutter contre le dopage, il faudrait prendre des sanctions collectives. Quand un joueur tombe, c’est toute son équipe qui doit tomber avec lui. Cela responsabiliserait davantage les joueurs et les clubs!
Le moment fort de ce chapitre consacré au dopage reste ce passage :
« Des analyses de sang ont révélé des anomalies sur plusieurs Bleus juste avant la Coupe du monde 1998. On peut avoir de forts soupçons quand on connaît les clubs où certains joueurs évoluaient, notamment ceux du championnat en Italie. »

Le coup de tête de Zidane

Dans un chapitre intitulé « le secret de Zidane », le docteur Paclet revient sur l’antagonisme entre Zidane et Materazzi au cours de la finale. Pendant le match, Zidane a subi les provocations permanentes du défenseur Italien. A la 80ème minute du match, Zidane reste au sol à la suite d’un duel aérien avec Cannavaro. Il s’est déboité l’épaule. Le docteur Paclet intervient sur la pelouse pour réduire sa luxation. Au moment où il manipule l’épaule de Zidane, il entend Materazzi derrière lui qui l’insulte : « Tu ne sers à rien, docteur de merde. Il est mort, le vieux. Tu comprends, il est mort. »
Après la fin du match, le docteur Paclet relate cette anecdote :
« Dans les vestiaires, Thuram reproche à Zidane d’être responsable de la défaite.
- A cause de toi, on n’a pas gagné.
Zidane ne bronche pas. Il n’y a pas de méchanceté dans ce que Thuram dit, juste de la colère mêlée à du dépit. »

Après avoir passé une nuit blanche avec des idées noires, Jean-Pierre Paclet rentre à Paris où il est reçu à l’Elysée avec les membres de l’équipe de France.
Il relate alors cette anecdote surréaliste :
« Le président de la République veut me présenter à son épouse :
- Bernadette, c’est le docteur Paclet. Vous savez qui c’est ?
- Oui, c’est le médecin de l’équipe de France.
- Non, c’est le médecin qui a opéré le sumo Takanohana et qui me l’a amené ensuite à l’Elysée.
Les yeux de Bernadette Chirac suffisent à exprimer son ras-le-bol. Chirac me prend dans ses bras. Domenech qui est derrière moi rigole et me chambre.
- Depuis il doit boiter, le sumo ?
Chirac vole à mon secours.
- Pas du tout, il a remporté plein d’autres victoires. »

Domenech et les médias

Domenech a mené contre les médias une véritable croisade qui a atteint son paroxysme au cours de l’Euro en Suisse. Les raisons de cette vindicte ?
Il s’est senti trahi aux Iles Ferroé le 9 Septembre 2004, au lendemain de la victoire de la France 2-0 comptant pour les éliminatoires pour la Coupe du monde 2006. Dans le salon de l’hôtel à Troshavn Domenech se confie à une poignée de journalistes. Pour pallier l’absence de Vieira suite à son expulsion, il avance :
- Je vais racler les fonds de tiroir!
Ce qui était une délcaration off, a fait le lendemain les gros titres des journaux. Domenech en tient rigueur aux journalistes car ce type de déclaration n’est pas très valorisante pour le joueur sensé remplacer Vieira en milieu de terrain.
A travers ce livre, le docteur Paclet en fin psychologue perce la personnalité de Raymond Domenech. L’élan naturel de l’ancien sélectionneur des bleus est de se poser, de s’imposer et souvent de s’opposer aux autres!
Il fait des médias sa cible privilégiée et va entretenir vis-à-vis d’eux une véritable paranoïa.
En Suisse, Domenech dépense beaucoup d’énergie dans sa guerre contre les médias : lieu d’entraînement modifié, séance avancée ou reculée, changement de gare de départ à la dernière minute, tous les coups sont bons pour dammer le pion aux journalistes! Domenech joue au jeu du chat et de la souris avec la presse. Il est même aller au cours du stage de préparation à l’Euro à Tignes à faire évacuer en hélicoptère les 7 joueurs exclus de sa liste à la dernière minute afin qu’il n’aient aucun contact avec les médias!

Samir Nasri et Franck Ribéry : les ennemis intimes!

Au cours de cette Euro 2008, le docteur Paclet dénonce le climat délétère entre certains joueurs.
Par exemple, Nasri et Ribéry entretiennent depuis 2006 une grande inimitié qui remonte à l’époque où ils évoluaient ensemble à l’OM. Les raisons de cette querelle sont occultes. Mais il relate des incidents qui ont émaillé la vie des bleus. Il est dans les habitudes de Ribéry de chambrer ses partenaires à longueur de journée. Mais il a fait durant l’Euro 2008 de Samir Nasri la cible privilégiée de son humour de potache! Quand Ribéry met du sel dans le café de ses coéquipiers, ça déclenche l’hilarité générale. Mais ça fait moins rire Nasri quand il est victime de ce genre de blagues! Dans la salle de soins, Ribéry lance des boutades peu amènes dans le dos de Nasri. Il est même allé jusqu’à placardé une photo de la copine de Nasri, la joueuse de tennis Tatiana Golovin, s’affichant dans les tribunes de Roland Garros très proche d’un autre tennisman! Il s’agissait d’une photo issue d’un magazine people avec un commentaire en légende tout autant équivoque! Un kiné a la bonne idée de retirer la photo avant que Nasri ne la découvre, évitant ainsi un nouvel esclandre!

L’Euro en Suisse est plombé par un conflit générationnel

Le docteur Paclet dénonce le conflit générationnel qui plombe l’ambiance dans le groupe! Des joueurs sont en fin de cycle et se font moins respecter parce qu’ils sont moins respectables sur le terrain. Vieira et Sagnol ont des blessures à répétition. Thuram et Makelele sont peu utilisés par leurs clubs respectifs. Des petits jeunes comme Benzema et Nasri leur font presque la leçon!
« Des gosses qui ont une dizaine de sélections snobent des cadres qui en ont une centaine. » écrit le docteur Paclet. Un fossé béant se creuse entre les joueurs qui ont plus de trente ans et ceux qui ont à peine vingt ans!

Le clash entre Vieira et Evra

A la fin du match perdu par la France 4-1 contre les Pays-Bas, Vieira qui était sur le banc de touche est pris à partie par des supporters qui l’insultent. Il veut en découdre en montant dans les tribunes mais Patrice Evra le retient :
« - Pat, arrête, arrête, c’est une connerie.
- Mêle-toi de tes affaires, rentre.
Vieira est sur le point d’enjamber les grilles. Evra accourt. Il le tire brusquement vers l’arrière par les épaules. Vieira pousse Evra à l’entrée du tunnel. Les deux joueurs se bousculent. Quelques secondes d’accrochage. Boumsong les sépare. Henry tente de les raisonner. »
Raymond Domenech commence à perdre toute autorité vis-à-vis de ses joueurs quand Thuram décide de façon unilatérale qu’il ne disputera pas le dernier match contre l’Italie. Il juge que sa prestation contre les Pays-Bas n’était pas bonne et qu’il n’est pas au niveau! Il prend cette décision sans consulter le sélectionneur!

L’affaire Vieira

C’est au cours de cette Euro 2008 que le Docteur Paclet a perdu sa place au sein de l’équipe de France suite à l’affaire Vieira. Au cours d’une séance d’entraînement, peu avant le début de l’Euro, Patrick Vieira, le capitaine de l’équipe de France, ressent une vive douleur à la cuisse suite à une frappe de balle. Des examens complémentaires (IRM et échographie) confirment une lésion de cinq centimètres avec saignement. Mais Domenech insiste, malgré le diagnostic du docteur Paclet pour emmener à cette Euro un joueur qu’il ne pourrait pas utiliser. Il estime que Vieira est beaucoup plus nuisible pour lui à l’extérieur du groupe qu’à l’intérieur. Il craint les déclarations qu’il pourrait faire à la presse. Donc il le garde dans sa liste malgré l’avis médical contraire!
Par l’intermédiaire de Willy Sagnol qui évolue au Bayern de Munich, Vieira se voit proposer un traitement de la dernière chance par le docteur Muller-Wolfarth du Bayern qui se trouve en Suisse comme médecin de l’Allemagne. Il suggère un traitement à base d’enzymes de résorption et d’anti-inflammatoires auxquels il ajoute la prescription d’une injection d’Actovégin. Or l’Actovégin est constitué de sang de veau déprotéiné. Ce n’est pas un produit inscrit dans liste des produits dopants de l’agence mondiale antidopage. Mais c’est une substance prohibée en France car elle peut entraîner des risques vasculaires. Les professeurs Saillant et Rochcongar consultés par le docteur Paclet donnent un avis définitif : il ne faut pas l’utiliser! Si Vieira prend ce produit, et que la France va en finale, le joueur s’exposerait à la menace d’une fuite dans la presse qui pourrait lui être préjudiciable!
Domenech a pris le risque de sélectionner un joueur qu’il ne pourrait pas utiliser et il fait ensuite porter le chapeau au docteur Paclet. Le docteur Paclet a donc joué le rôle de bouc émissaire dans cette sombre affaire.

Le pacte entre Escalette et Domenech

Après la déroute de l’Euro 2008 en Suisse où la France est éliminée dans la phase de poule dès le premier tour, Escalette fait des pieds et des mains pour maintenir Domenech dans ses fonctions de sélectionneur. Il voit d’un très mauvais oeil l’arrivée de Deschamps qui représente le meilleure alternative pour remplacer le sélectionneur!
Le pouvoir de Domenech commence à s’effriter à partir du moment où Escalettes joint plusieurs Bleus en leur demandant de prendre position dans la presse pour le maintien du sélectionneur! Vieira, Ribéry et Sagnol sont donc téléguidés pour déclarer publiquement leur soutien au maintien de Raymond Domenech. Le docteur Paclet écrit : « Ces soutiens sollicités constituent la faute originelle. A partir de là, Raymond perd toute son autorité sur les joueurs. »
Au même moment, Michel Platini, qui en tant que président de l’UEFA a un devoir de neutralité, fait campagne dans l’ombre en faveur de Domenech. Sous sa casquette de vice-président de la FFF, il déclare le 1er Juillet 2008 dans L’Equipe :
« Casser maintenant ce qui a été fait, provoquer une rupture, c’est dangereux. Changer, c’est mettre l’équipe de France en danger. Ce n’est rendre service à personne que de remplacer brutalement le sélectionneur. L’amalgame que Domenech a essayé de faire entre jeunes et anciens n’a pas fonctionné. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est renouveler les joueurs et se qualifier pour la Coupe du monde 2010. Or, le mieux placé pour y parvenir, c’est Raymond, parce qu’il est celui qui connaît le mieux les joueurs en place et ceux à venir. »
Même Houiller fait de la politique politicienne en militant pour son pire ennemi qui a voulu lui prendre sa place de DTN en 2007!
En renouvelant leur confiance à Domenech, Escalettes et Houiller écartent Deschamps pour faire barrage au retour de la génération 98. Pour quelles obscures raisons Gérard Houiller soutient-il son pire ennemi ? La réponse est limpide comme de l’eau de roche. Paclet écrit en effet : « Houiller, lui, a son idée. Devenir président de la FFF après le départ d’Escalettes en 2012. Dans quatre ans. Autant dire une éternité. Il a réalisé avec Escalettes un coup de génie à court terme. Mais en cas de mauvais résultats des Bleus et de nouveaux remous sportifs, son destin présidentiel risque d’être contrarié. »

Les apparatchiks de la FFF

Le Docteur Paclet tourne en ridicule le mode de fonctionnement de la FFF qui est sensée préparer l’avenir du football Français et qui est dirigée par des hommes entre 60 et 70 ans qui se désignent par cooptation. C’est comme si on confiait la gestion d’une entreprise à des retraités bénévoles. Or cette structure de la FFF qui s’appuie sur des bénévoles est tout à fait inadaptée aux exigences d’un football professionnel. « Imaginez qu’on laisse le volant d’une Porsche pour la première fois à quelqu’un qui a coduit une trottinette toute sa vie. La sortie de route est garantie. A condition que le conducteur puisse déjà démarrer la grosse cylindrée sans caler. »
Le paradoxe du football Français, c’est que c’est le monde amateur qui gère le professionnel! Le président de la LFP, Frédéric Thiriez, est bien esseulé au sein du conseil fédéral!

Le bilan d’Escalettes

Si l’on dresse le bilan d’Escalettes à la tête de la FFF, on note sur le plan financier qu’il a assaini les comptes, renouvelé la convention dans la diffusion des matchs des Bleus, le contrat avec Nike comme équipementier officiel de l’équipe de France de 2011 à 2018. Pour ces trois chantiers il peut remercier Noël Le Graët.
Sa seconde réussite découle de l’obtention de l’organisation de l’Euro 2016. Il peut être reconnaissant à Jacques Lambert, le directeur général de la FFF, qui a supervisé ce dossier!
Dans son passif, il a contrebalancé le pouvoir de Jacques Lambert sur lequel il aurait pu s’appuyer davantage en nommant Jean-Pierre Valentin, jeune énarque et ancien directeur de cabinet de Jean-Louis Debré.
Le niveau des arbitres a sombré sous le règne d’Escalettes. Mais sa plus grande faute sera révélée par le fiasco de la coupe du monde 2010 : il n’aurait jamais du recoduire Domenech comme sélectionneur en 2008.

L’inimitié entre Ribéry et Gourcuff

Il n’a échappé à personne que des tensions existaient durant cette coupe du monde entre Ribéry et Gourcuff. Ribéry ignorait copieusement le joueur de Bordeaux sur le terrain. D’où vient cette inimitié ? Voici la version que donne le Docteur Paclet qui semble bien renseigné, mais est-ce la vraie raison ???? Il fait référence dans le passage qui suit au deuxième match de préparation des Bleus qui a réuni les joueurs et leurs conjointes à Sousse, en Tunisie.
« Certains joueurs ne sont pas épargnés par la presse à cause de leurs avantures extraconjugales. Wahiba Ribéry saisit l’opportunité et en rajoute. Elle ne quitte pas des yeux Yohan Gourcuff, venu seul, et le fait savoir à son époux. Ribéry n’en pense rien. Enfin, si. Du mal. Beaucoup de mal. Wahiba use de la provocation idéale. Depuis le stage de mai à Tignes, Ribéry semble s’éloigner de Gourcuff. Sur le terrain, il ne lui fait pratiquement aucune passe. »
D’après le Docteur Paclet, Ribéry s’est renfermé également car il ressasse son transfert raté au Réal de Madrid. Il est moins insouciant et bout-en-train qu’en 2006.

La vengeance de Domenech sur Henry

Autre fait intéressant. Dans Le roman noir des bleus co-écrit par Eugène Saccomano et Gilles Verdez, on a vu que Henry n’était pas sur la liste initiale du sélectionneur pour la coupe du monde. Il l’a intégré in extremis mais en posant une condition : Henry devait accepter un nouveau statut de remplaçant. Cette décision aurait moins été dictée par un choix sportif que par le désir de Domenech de règler ses comptes avec Thierry Henry. A quand remonte la controverse entre le joueur et son sélectionneur ? A un épisode qui a précédé le match France-Roumanie en Septembre 2009 comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde. A la veille du match, Domenech réunit en fin d’après-midi ses joueurs et le staff dans une salle à Clairefontaine pour une séance vidéo. Il fustige alors les joueurs :
- Je n’ai qu’un souhait. Que vous soyez meilleurs aujourd’hui à l’entrainement. Vous avez été nuls hier. Je suis resté sur ma faim. J’ai l’impression que vous n’avez pas envie.
L’atmosphère est tendue et après quelques secondes, Henry ne supportant pas les reproches du coach prend la parole au nom de l’équipe :
- Nous aussi, on a quelque chose à vous dire. On reste sur notre faim. On s’emmerde pendant vos entrainements. On ne sait pas comment jouer. On ne sait pas ce qu’il faut faire. On n’a pas de schéma tactique. Plus rien ne va.
Jean-Pierre Paclet enchaîne :
« Au lieu de recadrer Henry, il le laisse lui faire la leçon devant les autres internationaux. Comme si le cadre d’une entreprise du CAC40 critiquait impunément le plan marketing du directeur général. Le début de la fin. Mais Domenech est tenace. Rancunier. Il n’oublie pas l’humiliation que lui a fait subir Henry. Sa vengeance s’accomplit début mai 2010 à Barcelone où le meilleur buteur des Bleus évolue. Il lui annonce qu’il ne le sélectionnera pas. Jusqu’au 10 Mai, veille de la fatidique annonce officielle, Henry ne figure pas dans la liste qu’il doit dévoiler sur TF1. Le lendemain, il réapparaît. [...] Quoi qu’il en soit, Henry intègre l’équipe mais n’est plus capitaine et aura un statut de remplaçant. »

Le clash entre Domenech et Anelka

Le docteur Paclet qui a manifestement gardé de bons contacts avec les joueurs nous relate sa version du clash entre Nicolas Anelka et Raymond Domenech à la mi-temps du match France-Mexique. Domenech aurait dit à Anelka :
- Tu n’est pas dedans. Tu n’as pas été bon pendant les quarante-cinq premières minutes. Arrête de décrocher tout le temps.
- Mon poste, ce n’est pas ça. Je ne suis pas fait pour ça. Je ne reçois aucun ballon. Moi, je joue en soutien, numéro 9.
- Si tu continues à le prendre comme ça, je te sors.
Les deux hommes se tiennent debout à quelques mètres l’un de l’autre. Anelka laisse exploser sa frustration lorsqu’il répond sur un ton calme :
- T’as raison…. Va te faire enculer, toi et ton système de jeu.
Il fait alors demi-tour et se dirige vers son casier pendant que Domenech met à exécution sa menace :
- Je te sors.
Avant de s’asseoir, Anelka aurait murmuré quatre autres mots sans regarder Domenech :
- Sale fils de…
Personne ne s’offusque car lorsqu’on connait la personnalité d’Anelka, on sait qu’il a l’habitude de parler ainsi. C’est des expressions tellement utilisées par les footballeurs qu’elles sont presque devenues un langage courant.
A propos du doigt d’honneur que Gallas aurait fait à la fin du match à un journaliste de TF1, le docteur Paclet évoque un contentieux entre les deux hommes.
Anelka est adoré dans le groupe. Il a une personnalité introvertie mais il fait l’unanimité dans l’équipe car il est facile à vivre et très populaire. Suite à la publication de L’Equipe et à la sanction prononcée contre Anelka, les joueurs réagissent immédiatement. Puisque le joueur refuse de faire des excuses publiques à Domenech, Toulalan, Abidal, Henry et Evra lui proposent une solution intermédiaire : lui faire des excuses personnelles en tête-à-tête. Le joueur accepte de faire son mea culpa en privé. Quatre de ses coéquipiers sont chargés d’organiser une entrevue entre lui et Domenech. Toulalan, Abidal, Evra et Henry chargent l’officier de sécurité de l’équipe, Mohamed Sahandji, de faire passer le message à Domenech. Mais ce dernier fait la sourde oreille. Il ne permet donc pas Anelka de faire amende honorable en présentant ses excuses. Avant de quitter l’hôtel, Anelka rassemble ses 23 coéquipiers pour leur dire au-revoir et leur demande :
- C’est quand même dégueulasse ce qu’on me fait subir, j’aimerais bien que vous fassiez un geste pour moi.
La suite… Vous la connaissez!

Conclusion

Le mot de la fin, je le laisse au Docteur Paclet qui en reprenant une jolie formule de Courteline au sujet de l’amour, mais c’est du football que l’ancien médecin des Bleus parle, écrit :
« On allait l’oublier! Comment ne pas parler du plus important ? Du terrain. Il faut que cette équipe de France réapprenne à jouer à onze. Son passé n’est pas simple. Son présent demeure plus qu’indicatif. Quand à son futur, il s’écrit au conditionnel. Blanc va devoir prendre des pincettes – pardon, des aiguilles – pour faire dégonfler certaines têtes. »







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