• Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 5 août 2010

Le jeu de l’ange de Carlos Ruiz Zafon : et la chair s’est fait verbe!

5082010

imgcarlosruizzafn2.jpg

Quand on veut tuer le temps, rien de tel qu’un bon livre dans lequel il n’y a aucun temps morts. Carlos Ruiz Zafon est un auteur espagnol à la mode dont les deux romans ont été des grands best sellers ces dix dernières années. Son dernier roman, Le jeu de l’ange, nous fait pénétrer une nouvelle fois dans l’univers gothique du Barcelone des années 20. Certains écrivains mettent des livres dans leur bibliothèque. Carlos Ruiz Zafon met sa bibliothèque dans ses livres. En effet, on retrouve le cimetière des livres oubliés dans ce nouvel opus. C’est un lieu magique qu’on avait déjà découvert dans son précédent roman, L’ombre du vent. Le cimetière des livres oubliés n’est pas tout à fait un cimetière car il permet aux livres de ne jamais entièrement disparaître de la mémoire des hommes. Ce livre est un thriller ésotérique qui est écrit dans la même veine que le roman de Arturo Perez-Reverte : Club Dumas.
Le jeu de l’ange fait référence à ce personnage mystérieux, Andréas Corelli, qui propose au jeune héros de cette histoire un marché : écrire un livre spécial en échange de 100 000 Francs. Ce personnage étrange, que le héros, David Martin, appelle aussi le Patron, porte une broche qui représente un ange. Cet homme va même aller jusqu’à guérir le jeune écrivain d’une tumeur au cerveau pour lui donner les moyens de se consacrer à l’écriture de ce livre qui doit selon ses propres termes fonder une nouvelle religion. Ce marché évoque évidemment Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde ou encore Faust de Goethe car dans ces deux romans, le héros conclut un pacte et vend son âme au diable. Dans le roman d’Oscar Wilde, Dorian Gray reste éternellement jeune pendant que son portrait vieillit à sa place. Dans l’histoire de Zafon, le héros découvre que les livres ont une âme : celle de ceux qui les ont écrit, et celle de ceux qui les ont lu. Ce roman constitue un thriller fantastique qui a pour cadre Barcelone, et dans lequel le héros se bat pour vivre un amour impossible avec Cristina, la fille du chauffeur de son bienfaiteur, Don Pedro Vidal. En effet, cet homme riche est le mentor de David Martin car il l’initie au métier de journaliste et lui permet de mettre le pied à l’étrier dans sa carrière d’écrivain. Ce roman raconte plusieurs histoires, celle de Diego Marlasca, un avocat qui a conclu le même pacte avec l’ange plusieurs années auparavant : consacrer un an de sa vie à écrire une oeuvre spéciale afin de retrouver l’âme de son enfant défunt. La sorcière du Sorromostro avait raconté à Diego Marlasca un sortilège, une vieille légende de pêcheurs selon laquelle quand un homme perd son chemin dans la vie et sent que la mort a mis son âme à prix, il lui faut trouver une âme pure qui souhaite se sacrifier pour lui. Il peut alors y camoufler son coeur noir, et la mort, aveugle, l’oublie.
David Martin, habite la maison que Diego Marlasca a habité avant de mourir dans un mystérieux accident. Il écrivait également un roman pour le patron sur la même machine à écrire Underwood.
Le Patron, cet étrange éditeur parisien, Andreas Corelli, dont les cils ne battent jamais, évoque l’image de lucifer. Car le diable, est un ange déchu. En latin, Lucifer fait référence étymologiquement au porteur de lumière (lux = lumière). Le diable exige donc l’écriture d’un livre spécial qui devra fonder une nouvelle religion et s’inspirer de textes sacrés comme la Bible.
Ce roman est comme un miroir où nous trouvons seulement ce que nous portons déjà en nous. On appréciera l’épanadiplose dans les dernières pages. En effet, au début de l’histoire, David Martin a toutes les peines du monde pour identifier l’homme qui donne la main à Cristina sur une vieille photo qui a été prise quand elle avait à peine 5 ans. C’est à la fin du livre, que David parvient à mettre un nom sur cet homme qu’on aperçoit de dos… car il le rencontre au moment précis où la photo est prise. C’est la magie du conte dont use et abuse Carlos Ruiz Zafon pour nous entraîner dans ce labyrinthe d’histoires où le lecteur se perd mais retrouve le plaisir de la lecture… Grâce au Jeu de l’ange, Carlos Ruiz Zafon reprend du poil de la bête. Ce roman est encore une fois envoûtant et nous réconcilie avec la lecture dont le but est souvent de rendre visible l’invisible! Car la plus grande ruse du diable est de nous faire croire qu’il n’existe pas.







Secret Life of a teenager |
le cinématographe |
liensdefilms |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Un Cinéphage
| Mon ciné à moi
| FESTIVAL DE CANNES 2010