Fichier pps : « Pour écrire un seul vers… », poème de Rainer Maria Rilke

12062011


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rilke6.jpg Poème de Rainer Maria Rilke

Lors de sa tournée La superbe, Benjamin Biolay débute le concert avec une pensée de Rainer Maria Rilke qui est lue par la voix off de Michel Aumont. La musique qui accompagne ce texte est extraite de la bande originale du film Clara et moi que Benjamin Biolay a composée.

Il s’agit d’une très belle réflexion portée par le charisme de Michel Aumont qui lui donne davantage de relief. La musique qui l’accompagne est sublime.

Lors de l’interview qui a précédé le concert que Benjamin Biolay a donné à Madrid le 13 Mai 2010, le chanteur a confié au journaliste d’Europe 1, que ce très beau texte jouait le rôle d’un sas de décompression qui lui permettait de se mettre en condition en quittant sa loge pour entrer avec tous ses musiciens dans le concert.

Je vous livre le texte qui est extrait des Cahiers de Malte Laurid Briggs

Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux, savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin.
Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres innatendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyages qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles, et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela.
Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre.
Il faut encore avoir été auprès des mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups.
Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs.
Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs eux-mêmes ne sont pas encore cela.
Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.
Rainer Maria Rilke Les cahiers de Malte Laurids Brigge, 1910

Il est un poète qui par l’exemple de sa vie tumultueuse contredit l’auteur de ce texte : Arthur Rimbaud. En effet, à 19 ans, toute la carrière d’écrivain d’Arthur Rimbaud était derrière lui car c’est à cet âge précis qu’il décide d’abandonner la poésie pour se lancer dans une vie d’aventures qui va lui permettre d’assouvir sa soif d’ailleurs. Mais plus jamais il n’écrira un vers. Dans Horizons lointains, Patrick Poivre d’Arvor multiplie les exemples pour nous montrer que c’est les voyages dans des contrées lointaines, parfois mêmes des contrées aussi reculées que l’imaginaire, qui amènent l’homme à devenir un écrivain. Il parle notamment de Chateaubriand dont le périple en Amérique a constitué un voyage initiatique qui a joué le rôle de détonateur dans sa carrière d’écrivain. On pourrait en dire autant de Karen Blixen dont l’expérience dans une ferme en Afrique au Kenya a inspiré sa vocation d’écrivain. Pourtant, lorsqu’il choisit Rimbaud, il se fourvoie. Car le jeune homme a d’abord écrit de grands chefs d’oeuvres de la poésie avant de se lancer dans des pérégrinations.

Si l’art est un mensonge qui dit la vérité, il doit bien y avoir tout de même une part de vérité dans ce poème de Rilke sans quoi il ne nous toucherait pas autant. Car la beauté ne se prouve pas, elle s’éprouve!




Fichier PPS : un diaporama sur les plus belles citations de Serge Gainsbourg

30042011


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Hommage à Serge Gainsbourg (1928-1991) dont on a fêté le 2 Mars 2011 les vingt ans de sa disparition. C’était un grand Pygmalion de la chanson Française puisqu’il a fait chanter de nombreuses femmes… et notamment les 3 B, c’est-à-dire les trois femmes qui ont compté le plus dans sa vie : Bardot, Birkin et Bambou. Après avoir eu une formation d’artiste-peintre aux beaux-arts, il s’est reconverti dans la chanson, « cet art mineur destiné à des mineures » où il a rencontré le succès. Il s’est également distingué par son côté provocateur qui a défrayé la chronique à plusieurs reprises. Le diaporama ci-dessous vous fera (re)-découvrir ses plus beaux aphorismes et mots d’esprit.

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Critique du film LA FILLE DU PUISATIER de Daniel Auteuil

25042011

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Un proverbe dit : « En avril, ne te découvre pas d’un film. » Et si vous craignez d’attraper un coup de froid, rien de tel qu’un film qui vous transporte sous le soleil de Provence… Après Jean de Florette, Manon des sources ou encore La Gloire de mon père et Le château de ma mère, Daniel Auteuil nous offre une nouvelle adaptation au cinéma d’un roman de Marcel Pagnol.
Avant de briller dans Jean de Florette et dans Manon des sources, Daniel Auteuil a longtemps été associé à des comédies populaires et légères (Les sous-doués notamment).
C’est dans ces deux films que Daniel Auteuil a pris toute sa dimension de comédien dramatique en incarnant Ugolin et en raflant le césar du meilleur acteur en 1986.
C’est donc dans l’univers de Marcel Pagnol que l’acteur se lance pour sa première réalisation en tant que metteur en scène avec une nouvelle adaptation de La fille du puisatier.
Daniel Auteuil est à la fois derrière et devant la caméra en incarnant le puisatier. Son film est servi par de bons acteurs : Nicolas Duvauchelle, Jean-Pierre Daroussin, Sabine Azéma, Kad Merad, Astrid Berges-Frisbey dans le rôle éponyme ou encore Marie-Anne Chazel. Avec de tels acteurs, la mayonnaise, ou plutôt, l’aïoli, ne pouvait que prendre…
L’histoire se déroule peu avant la seconde guerre mondiale à Salon de Provence où la fille d’un modeste puisatier est séduite par le fils d’une famille bourgeoise dont le père tient un bazar.
Suite à leurs brèves rencontres, Patricia, la fille du Puisatier, tombe enceinte de Jacques. Mais son amant est enrôlé à la dernière minute dans l’armée et doit donc rejoindre le front sans avoir le temps de la revoir ou de lui expliquer son départ.
La fille révèle son chagrin à son père qui décide de rendre visite à la famille de Jacques Mazel. Bien que rustre, ce puisatier est aussi orgueilleux et plein d’honneur. C’est un personnage digne d’une pièce de Corneille car il est prêt à sacrifier l’amour qu’il voue à sa fille sur l’autel de son honneur. Si la famille du jeune homme qui l’a mise enceinte n’accepte pas sa fille, cette dernière deviendra une fille-mère et son enfant sans père sera un bâtard.
Le puisatier estime que sa fille l’a trahi et déshonoré. Il envisage de l’abandonner et de la renier. Pascal Amoretti, le puisatier que Daniel Auteuil joue, est un personnage intègre qui est peut-être pauvre parce qu’il travaille au fond d’un puit et que sa condition sociale est basse, mais il a des valeurs morales très élevées. Daniel Auteuil incarne un puit de conscience ! On appréciera dans ce film l’humanité et la simplicité de l’acteur-réalisateur qui restitue toute la justesse de l’œuvre de l’écrivain. Pour s’attaquer à un tel projet après la première version de Pagnol en 1940 avec Raimu et Fernandel, il fallait avoir beaucoup d’audace !
Daniel Auteuil signe un film à la fois sensible, pleins d’émotions et fidèle à l’esprit de Marcel Pagnol. Tous les acteurs ont adopté l’accent provençal incontournable chez cet auteur. Grâce à leurs accents, ils parlent de cette région du midi de la France même lorsqu’ils n’en parlent pas. Est-il possible d’adapter un roman de cet auteur sans cet accent qui nous fait respirer les parfums de la lavande et du romarin, entendre le chant des cigales et nous éclaire avec le soleil de la Provence ? Un film inspiré d’une œuvre de Pagnol sans un tel accent serait comme une anchoïade sans anchois ! Le personnage principal, le puisatier, est un héros haut en couleur. Il est truculent car lorsqu’il rend visite à Madame et Monsieur Mazel en vue de marier Patricia, il présente toutes ses autres filles comme un fermier montrerait la bonne santé de ses bêtes dans le but de les vendre. Mais derrière la truculence du personnage, il y a la noblesse de ses sentiments qui prend le dessus et qui l’élève au-dessus de sa modeste condition matérielle. Ce n’est pas parce qu’il passe le plus clair de son temps au fond d’un puit, qu’il est un… sot. D’ailleurs un proverbe dit : « Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que des sotes gens. » Et ce puisatier parvient à faire passer pour des sots, cette famille et cette mère dont la soif de réussite sociale qu’elle nourrit pour son fils parvient à corrompre les sentiments et les actions… Au contraire, Pascal Amoretti, grâce à ses valeurs morales qui font toute sa richesse, est encore plus profond que les puits dans lesquelles il gagne sa vie!
Daniel Auteuil s’est à ce point impliqué dans la réalisation de ce film, qu’il en tient le rôle clef et que c’est son fils, Zachary Auteuil, qui joue le rôle du fils de La fille du puisatier.
Si c’est une oeuvre de Marcel Pagnol adaptée par Claude Berri qui nous avait révélé le talent d’acteur de Daniel Auteuil, c’est encore une oeuvre de Marcel Pagnol qui nous révèle aujourd’hui le grand réalisateur qui sommeillait en Daniel Auteuil…




Fichier PPS : génériques des séries TV des années 80

23042011


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Comme dirait Grégoire Lacroix dans Les Nouveaux Euphorismes de Grégoire : « Paradoxe : on appelle bon vieux temps celui où l’on était jeune. »
Alors, je vous propose de vous replonger dans ce bon vieux temps grâce à ce fichier PowerPoint dédié aux génériques de nos feuilletons TV dans les années 80.

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Fichier PPS : les pensées les plus drôles de Raymond Devos

21042011


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Le diaporama PowerPoint ci-dessous est une compilation des pensées les plus drôles de Raymond Devos, ce maître de l’humour absurde, ce funambule des mots, cet enfant de poème…

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El Pibe De Oro : l’histoire d’un gamin en chair et en or!

10042016

 

Dans les années 80, je n’étais pas spécialement fan de Diego Armando Maradona car il était un joueur populaire, vulgaire, et il représentait à mes yeux la caricature de tout ce que le football ne devait pas devenir. Il faisait en effet autant parler de lui sur un terrain de football pour ses exploits qu’en dehors pour ses turpitudes. Il défrayait la chronique autant pour ses succès que pour ses excès ! Son explication sur le premier but inscrit de la main lors du quart de finale de la coupe du monde contre l’Angleterre (il a parlé de « but d’équipe » et de « main de Dieu »), n’ont fait que ternir son image en mettant en exergue son manque de fair-play sur un terrain de football.

 

J’aurai pu me réconcilier avec ce joueur après avoir vu le documentaire qu’Emir Kusturica lui a consacré. Mais si Emir Kusturica est au cinéma ce que Diego Armando Maradona est au football, c’est-à-dire un génie absolu (il a remporté deux fois la Palme d’or à Cannes en 1985 et en 1995), la rencontre de ces deux montagnes a accouché d’une souris. J’ai toujours pensé que Diego Armando Maradona aurait pu être un personnage truculent tout droit sorti d’un film d’Emir Kusturica pour ses qualités de joueurs hors norme, ses facéties et ses talents de prestidigitateur balle au pied.  Emir Kusturica et Diego Maradona ont tous les deux quelque chose en commun : ils sont hors du commun. J’ai été d’autant plus déçu du résultat de cette rencontre que Kusturica est mon réalisateur fétiche. Si je devais partir sur une île déserte avec 3 films en DVD, j’emporterais n’importe lequel de ses chefs-d’œuvres… sauf le film sur le joueur argentin.

 

C’est un autre documentaire, de Jean-Christophe Rosé, qui m’a dessillé les yeux et m’a permis de voir ce prodige du football sous un autre jour. Diego Maradona n’est pas un personnage sorti tout droit d’un film de Kusturica, c’est un héros digne de la tragédie grecque qui met en scène des Dieux et des hommes et je pense qu’il rappelle davantage un personnage de Sophocle.

La magie de ce documentaire, « Maradona, un gamin en or », est de nous permettre d’entrer en empathie avec ce joueur. Même si on n’approuve pas son attitude sur le but de la main infligé aux anglais, le réalisateur a le mérite de nous faire comprendre ce qui se passe dans la tête de Maradona au moment où il marque le but. Maradona est décrit dans ce film comme une sorte de Robin des Bois qui vole les riches pour donner aux pauvres !

En toute objectivité, ce film est l’un des meilleurs documentaires consacré à un joueur de football. Mais il n’y a rien de plus subjectif que l’objectif d’une caméra. Et celle de Jean-Christophe Rosé nous montre un Diego Armando Maradona dans le camp des défavorisés, des culs terreux, des damnés de la terre et de tous ceux pour qui la coupe du monde est un moyen d’oublier que la coupe est pleine. Il est difficile de décrocher après avoir vu les cinq premières minutes de ce film. On est happé par les images, fasciné par le personnage de Maradona, envoûté par la verve du narrateur et bercé par les airs de tango argentin. La performance de ce long métrage est de conquérir un public qui va bien au-delà des amoureux du ballon rond.

Jean Hamburger disait : « Le grand destin de l’homme c’est de refuser son destin. »

Ce documentaire nous montre un homme, digne d’un personnage de Sophocle (Œdipe pour ne pas le nommer) dont la grande tragédie, c’est de ne pas avoir su échapper à son destin et dont la plus grande gloire, c’est de l’avoir assumé !

On y voit un gamin de quinze ans, déclarer à la télévision locale argentine, tel un oracle de Delphe, que son rêve est de porter un jour le maillot de la sélection nationale et de remporter  la coupe du monde.

Ce documentaire ne fait aucune concession à Maradona en montrant autant son côté lumineux que ses zones d’ombres (problèmes de cocaïne, mauvaises fréquentations, frasques extraconjugales, etc )

Mais si Maradona a autant marqué les esprits c’est parce qu’il était un symbole. Et un symbole confère cette part de divinité que n’auront jamais de très grands joueurs après lui. Le symbole est un pont entre le visible et l’invisible. Maradona incarne la promesse d’une revanche pour tous ceux que la vie a mis à genou. Il est un symbole de ce que le football peut être : une guerre sans les armes. Le mondial a remplacé la guerre mondiale. Ses origines modestes ont fait de lui le général d’une armée de sans-grades, de défavorisés qui ont trouvé dans le football un exutoire à leur malheur. Grâce à Maradona, le football est devenu le moyen d’expression privilégié de ceux qu’on n’entend jamais.  Le sport en général et le football en particulier sont une catharsis dans laquelle l’homme se purge de ses passions et de ses émotions en les vivant sur le mode imaginaire. L’Argentine, meurtrie par l’échec des Malouines et exsangue du fait de son marasme économique, a retrouvé sa fierté perdue grâce aux exploits del Pibe de Oro sur un terrain de football. Ce n’est pas étonnant que ce joueur soit aussi populaire et compte beaucoup pour tous ceux que la crise économique a laissé pour compte !

Maradona a toujours représenté les démunis comme à Boca Junior, le club des quartiers pauvres de Buenos Aires dont la rivalité avec River Plate, le club des quartiers huppés ne faisait qu’accroitre l’antagonisme entre les deux équipes.

Il n’a pas gardé un souvenir impérissable de son passage à Barcelone où il ne s’est jamais tellement épanoui. Il y a découvert un football européen rugueux et les mauvais traitements des défenseurs (Gentile à la coupe du monde 1982, Andoni Goikotxea, le boucher de Bilbao qui a transformé sa cheville en lambeaux). Devant le jeu âpre de ses adversaires qui ne comprenaient décidément rien à son football, Maradona apparaît davantage comme une victime. La finale de la coupe du roi entre Barcelone et l’Atletico de Bilbao se transforma en règlement de compte et en pugilat sous les yeux de Juan Carlos et de son épouse atterrés qui ne savaient plus comment donner le change. Tel un mauvais garnement repenti, Maradona a du présenter ses excuses au roi en compagnie de son agent.  Mais c’est à Naples, que Maradona va briller en redonnant leur fierté aux  « culs terreux », pour reprendre ce surnom méprisant que les Italiens du Nord donnent aux habitants du sud de l’Italie.

Juste après avoir remporté la finale de la coupe du Monde en Argentine, c’est sur un terrain boueux dans un village du sud de l’Italie que Maradona dispute un match dont les bénéfices sont reversés à un enfant malade en vue de le sauver ! Il disputa ce match avec la même fougue et la même envie. C’est autant son attitude que son aptitude qui ont déterminé son altitude ! Grâce à Maradona, les « culs terreux » ont pu toucher le firmament et le toit du monde !

Maradona est donc un symbole : c’est pour cette raison qu’il a été instrumentalisé par les différents régimes politiques qui ont essayé de se réapproprier les signes de son pouvoir et de sa gloire. On se souvient de Carlos Menem se prêtant au jeu devant la télévision de jongler avec un ballon et d’arborer le maillot numéro 10 de la sélection argentine. Les princes du pouvoir politique avaient donc besoin d’être adoubés par ce footballeur de génie pour acquérir une certaine légitimité et toucher un peu de sa notoriété. Dommage qu’Emir Kusturica n’ait retenu que le message politique que le footballeur aurait délivré à travers ses gestes de génie ! Le tort de Kusturica est d’avoir transformé Maradona en Che Guevarra du ballon rond ! Maradona se plaisait à rappeler que la différence entre un homme politique et lui, c’est qu’un homme politique est publique alors que lui est populaire. Malgré la dimension sociale du personnage, el Pibe de Oro demeure un artiste dont les gestes, avant de faire l’objet d’une récupération politique, sont surtout désintéressés, gratuits comme sur cette action où Maradona chambre un gardien, et, alors que le but lui est grand ouvert, il attend le retour d’un dernier défenseur, pour le dribbler…  uniquement pour la beauté du geste !

 

Oui, Maradona est un héros digne de Sophocle et d’Œdipe. Si la RAI a consacré une émission en prime time pour révéler,  avec un détecteur de mensonges à l’appui, qu’une femme avait mis au monde un enfant né d’une relation adultère avec Maradona, c’est la rançon du succès, le revers de la médaille ou de… la coupe du monde. El Pibe de Oro, à l’instar d’Œdipe, n’a pas su échapper à son destin : pour régner sur la planète foot, il a du renier sa paternité, et épouser sa mère… patrie, l’Argentine ! Cette Argentine qu’il a tellement chérie au point que le narrateur du film s’interroge si le disque que Maradona enregistre au milieu des années 80, une chanson d’amour, ne s’adresse pas à son pays qu’il personnifie dans les paroles.

Un grand entraîneur Italien, Arigo Sacchi, a dit un jour à Marco Van Basten : « Quand tu marques des buts, tu entres dans les statistiques. Quand tu joues bien, tu entres dans les mémoires ».

La magie de ce documentaire, à l’instar de toute œuvre d’art, est d’exprimer l’invisible par le visible. Il nous permet d’effleurer le mystère d’un très grand joueur qui a régné sur la planète foot dans les années 80 et dont le nom a fait plus que rentrer dans le livre des records : il a laissé une trace indélébile dans les cœurs et dans la mémoire des hommes.

 




Critique de La guerre est déclarée : c’est le film de l’année!

8102011

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Quel est donc ce film dont la critique est dithyrambique et qui vient d’être proposé récemment par le CNC pour représenter la France aux Oscars 2012 ? La guerre est déclarée raconte l’histoire de Roméo et de Juliette dans le Paris d’aujourd’hui. Dès leur première rencontre, ils savent que leur amour est voué à un destin tragique. Quelques temps plus tard, le fruit de leur amour, Adam, a 18 mois et ne marche toujours pas. De plus, il développe une dissymétrie faciale et vomit de manière spectaculaire. Le scanner révèle qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau. La Guerre est déclarée est une grande réussite car il part d’un sujet glauque, le cancer d’un enfant, pour nous proposer l’un des films les plus jubilatoires de l’année 2011. Valérie Donzelli, la réalisatrice, traite un sujet dramatique sur le mode de la comédie. Toute la magie et l’originalité de cette réalisatrice est de nous offrir un film jouissif, positif, drôle, émouvant, optimiste dans lequel l’amour de Roméo et Juliette est plus fort que la mort. Elle traite avec légèreté de choses graves et avec gravité de choses légères. L’humour, c’est la politesse du désespoir comme dans cette scène où Roméo explique à son banquier pourquoi il est en découvert. Cette scène nous démontre aussi la volonté de la réalisatrice de ne pas sombrer dans le pathos.
Dans une situation de crise, le cancer de leur enfant, la difficulté va éprouver l’amour de Juliette et de Roméo. C’est dans cette terrible épreuve que le couple s’épanouit et se renforce. Comme dirait Alfred de Musset, L’homme est un apprenti, la douleur est son maître et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert. L’une des répliques cultes est peut-être lorsque Roméo dit à la fin de l’histoire : « Tu me fais bien du bien Juliette. Je n’aurai jamais pu vivre ça avec quelqu’un d’autre que toi. » Ce film est autobiographique car les deux acteurs, qui ont écrit le scénario à quatre mains, Valérie Donzelli et Jérémy Elkaïm, se sont inspirés de leur propre histoire. Ils ont eu ensemble deux enfant avant de se séparer. Leur couple se reforme donc devant la caméra. Ils sont d’autant plus crédibles que leur grande complicité sur le plan artistique crève l’écran. La guerre est déclarée a été salué par la semaine de la critique au dernier festival de Cannes. Valérie Donzelli est la grande révélation de cette année 2011. Je connaissais déjà sa voix pour l’avoir entendue dans la chanson 15 Août dans l’album La Superbe de Benjamin Biolay. C’est également au côté de Benjamin Biolay que Valérie Donzelli a joué récemment le rôle d’Anna dans le film Pourquoi tu pleures ? Avec La Guerre est déclarée, Valérie Donzelli et Jérémy Elkaïm font une belle déclaration d’amour à leur fils Gabriel… La souffrance de l’enfant est occultée par l’histoire d’amour entre Roméo et Juliette. En choisissant ces prénoms, Valérie Donzelli voulait que ses deux principaux protagonistes incarnent l’archétype du couple amoureux. Leur fils s’appelle Adam, comme le premier homme, ce qui est assez logique dans la mesure où il est le fruit de l’amour avec un grand A. Et ce film n’est rien d’autre qu’une belle histoire d’amour entre deux êtres qui doivent faire face à la maladie de leur enfant. Il décortique la relation amoureuse depuis l’ivresse des premiers jours jusqu’au désenchantement du quotidien. Mais loin de révéler des problèmes latents dans le couple, ce drame va permettre de créer davantage de complicité et de liens entre les amoureux qui sortent grandis de leur expérience. Leur plus belle arme contre le cancer de leur fils Adam, c’est leur bonheur contagieux qui éclabousse ce film. Et le bonheur ne se multiplie qu’en se divisant… C’est donc en ayant tenu un journal, une sorte carnet de bord, pendant cette période de sa vie où elle a été confrontée à la tumeur au cerveau de son fils, que Valérie Donzelli a puisé l’inspiration de cette autofiction. Ce film est donc une catharsis dans laquelle ses deux co-auteurs, se purgent de leurs émotions en les re-vivant sous le mode de la fiction. De tout ce qui a pu être dit ou écrit sur ce chef-d’oeuvre, qui est le grand évènement cinématographique de l’année, je ne retiendrai que ce commentaire, un tantinet chauvin d’un critique dans Télérama. Il nous dit que le cinéma américain a ses super-héros aux pouvoirs multiples. Le cinéma Français nous propose à travers ce film des héros du quotidien qui élèvent modestement l’humanité à défaut de la sauver. Si ce film est légèrement influencé par des virtuoses du septième art tels que Jacques Demy (ne serait-ce que lorsque les deux acteurs interprètent la chanson Ton grain de beauté sur des arrangements de Benjamin Biolay) vous ne serez pas déçu non plus par l’écclectisme de la bande originale dans laquelle Sébastien Tellier ou Peter Von Poehl y cotoient Vivaldi, Georges Delerue ou Jacno y cotoient Jean Sébastien Bach… C’est à Jérémie Elkaïm que l’on doit ce patchwork musical qui fait également le charme de La guerre est déclarée.

Pour conclure, Valérie Donzelli nous prouve grâce à cette autofiction qu’un vrai couple, c’est quand l’ensemble est plus résistant que chacun de ceux qui le composent. Et ça tombe bien car dans cette histoire, notre couple d’amoureux entre en résistance en déclarant la guerre à la mort. Ce film est un hymne à la vie, il nous délivre un message d’espoir et une leçon de courage!




Amy Winehouse ou le paradoxe d’une auto-destruction créatrice!

2082011

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Pourquoi courons nous tous après la beauté ? Parce que ce monde est laid à vômir. Quand Amy Winehouse chantait ses succès, ce monde était un petit peu moins laid. Si 33 ans est un chiffre clé dans la religion car il correspond à l’âge de la mort du Christ, 27 ans est devenu un nombre symbolique dans la mythologie pop et rock. Ce nombre évoque de grands artistes talentueux fauchés dans la fleur de l’âge à l’instar des 3 J qui ont donné corps à ce mythe en disparaissant au début des années 70 à quelques mois d’intervalles : Jim Morrison, Jimmy Hendrix, et Janis Joplin. En se suicidant en 1994, à l’âge de 27 ans, Curt Cobain, le leader du groupe Nirvana, a intégré le club des 27. Les grandes stars du rock ont pris l’habitude de se congratuler en fêtant leur 28ème anniversaire. Ce ne fut pas le cas de Amy Winehouse qui a rejoint le 23 Juillet dernier, à l’âge de 27 ans, le panthéon de ces stars au destin tragique… Si Amy Winehouse meurt riche de tout ce qu’elle a fait, ses fans restent pauvres de tout ce qu’elle n’a pas fait. Ses plus belles chansons sont peut-être celles qu’elle n’a pas encore eu le temps d’écrire. Mais elle laisse un héritage qui lui assure la postérité. Back to Black, son deuxième opus, bien plus que Franck qui l’a révélé, s’inscrit dans la lignée de ces albums de légendes qui sont devenus incontournables. Amy Winehouse avait une tessiture de voix qui lui conférait une signature vocale. Au milieu de ses musiciens noirs, elle apparaissait telle une négresse blanche. A l’instar de Janis Joplin à qui on la comparait, elle était une rare blanche à chanter comme les plus grandes chanteuses noires de soul. Sa voix puissante rivalisait avec celles des plus grandes comme Dinah Washington que son père écoutait quand elle était plus jeune ou Aretha Franklin. Sa voix rauque et cette signature vocale qu’elle imprimait dans chacune de ses chansons faisait d’elle une chanteuse originale : non seulement parce qu’elle n’imitait personne, mais parce qu’elle faisait en sorte que personne ne puisse l’imiter. Tous les candidats aux télé crochets tels que la Star Academy ou la Nouvelle Star qui se sont essayés dans l’interprétation d’une de ses chansons (Rehab, You know I’m no good) se sont lancés un défi insurmontable à la hauteur de l’Everest : essayer d’imiter une chanteuse inimitable. Et je me souviens encore des commentaires de Manoukian en train de souligner aux candidats que pour interpréter You Know I’m no Good, il faut avoir quelque chose de vénéneux dans la voix… Souvent imitée, jamais égalée, Amy Winehouse a bâti sa gloire autour de deux albums exceptionnels dont le deuxième surtout, Back to Black, qui lui a été inspiré par un chagrin amoureux : sa rupture avec Blake Fielder-Civil. « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître, et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert. » écrivait le poète Alfred de Musset. C’est grâce à ses peines de coeur, que la diva va tirer l’énergie pour écrire et composer les chansons de ce qui deviendra son album majeur, celui qui lui vaudra la reconnaissance du grand public et la propulsera sous les feux de la rampe avec 5 grammy Awards remportés en 2008. Love is a loosing game… en tout cas, pas pour sa maison de disques. Cette rencontre avec Blake, son future mari est peut-être ce qui peut expliquer les deux visages de Amy Winehouse. Docteur Jekyll au début de sa carrière en 2003. Et Miss Hyde depuis sa rencontre avec Blake Fielder-Civil. En effet, cet assistant caméraman fut le grand amour de sa vie au point qu’ils furent ensemble puis séparés, d’où son inspiration dans l’écriture de son album « Back to black » en 2006 qui s’adresse à Blake, puis mariés sur un coup de tête en 2007 avant de divorcer en 2009. Elle a noué avec cet homme qui a hanté sa vie tel un démon un pacte digne de Faust : elle lui a offert son âme en échange de l’immortalité qui découle de son succès et de sa postérité. C’est cet amour destructeur qui lui a permis de créer sa légende. Suite à leur rupture, elle trouve l’inspiration pour écrire et composer les chansons de cet album qui s’est vendu à 11 millions d’exemplaires. Mais en contrepartie, elle est tombée dans la spirale infernale de l’addiction qui a fini par l’emporter. Etait-elle trop jeune pour gérer ce succès rapide ? En tout cas, la Amy grassouillette et pleine de joie de vivre que nous avions découvert avec son premier opus Franck, a cédé la place à une fille anorexique qui a sombré dans la dépendance à la drogue et à l’alcool. Elle aimait les mauvais garçons, et c’est son compagnon, Blake Fielder-Civil qui l’aurait initié aux drogues dures dont elle ne se libéra jamais. Elle va depuis la sortie de son deuxième album Back to Black tenter de noyer son désespoir dans l’alcool et la drogue. Malheureusement le désespoir n’est pas soluble dans l’alcool. C’est donc peut être à force de boire à la santé des autres que la chanteuse a foutu en l’air la sienne. Elle déclara : « L’alcool ne résout pas les problèmes, mais l’eau et le lait non plus. » La suite de sa carrière va surtout défrayer la chronique dans la rubrique des faits divers : de cures de désintoxication en cures de désintoxication, Amy Winehouse fait davantage parler d’elle pour ses excés que pour ses succès. Elle devient une diva destroy. Les paradis artificiels vont l’aider à fuir les enfers naturels. Ce monde est peut-être laid à vômir… Mais seule Amy Winehouse avait le charme de nous le faire oublier lorsqu’elle chantait et nous enchantait en nous entraînant dans son univers musical si envoûtant.

Ces derniers mois, elle n’était plus en état de chanter sur scène. Sa dernière prestation à Belgrade a été un cuisant échec : ses musiciens la soutenaient à bout de bras pour l’empêcher de s’écrouler, et elle avait oublié les paroles de ses propres chansons. Elle avait déjà une voix d’outre tombe car elle était presque devenue aphone. C’est sous les huées qu’elle a donc donné ce dernier concert le 18 Juin 2011 avant d’annuler sa tournée en Europe. Son micro lui servait presque de béquille. Les spectateurs de ses derniers concerts ont donc vu le fantôme d’Amy Winehouse sur scène avant même qu’elle ne soit morte. C’est un sentiment d’énorme gâchis qui nous vient à l’esprit quand on pense au talent incommensurable de cette chanteuse et à sa capacité de réaliser de véritables performances vocales sur la scène. Elle était peut-être douée d’un don, ce timbre de voix exceptionnel qui nous ennivrait avec sa musique soul. On se souvient de sa performance exceptionnelle aux Eurockéennes de Belfort en 2007 où elle a donné son meilleur concert. 52 minutes de pur bonheur.

Les raisons de sa mort restent un mystère. Aucune trace de drogue ou d’alcool n’a été trouvée dans son appartement de Camden Square, un quartier au nord de Londres. Certains avancent l’hypothèse qu’en arrêtant brutalement de consommer de l’alcool, son organisme n’aurait pas supporter le choc. Elle serait donc morte d’un sevrage d’alcool…

Une étoile est morte. Mais telles les étoiles qui continuent de briller des millions d’années après leur mort, Amy Winehouse n’a pas fini de faire parler d’elle. Dans deux siècles, lorsque toute trace de notre existence aura disparue de la mémoire des hommes, je fais le pari que les gens continueront de parler des chansons d’Amy Winehouse, certaines seront reprises, elles influenceront de nouvelles générations… Back to Black devrait devenir un album culte de la musique soul. Mon seul regret est qu’Amy Winehouse ait été une étoile filante. A star is dead, mais en s’éteignant à l’âge de 27 ans, elle n’a pas fini de briller de tout son éclat pour les décennies à venir…. Avant de partir, la chanteuse a laissé suffisamment de matériaux pour l’élaboration d’un troisième album posthume qui devrait voir le jour dans six mois…

Quand d’autres suivent la mode, Amy Winehouse la précédait en s’écartant des stéréotypes. C’était une icône du jazz avec son look rétro-rock : un petit brin de femme avec un grain de voix incroyable. On gardera le souvenir d’une chanteuse maigre, petite, avec des tatouages de pin-ups sur tout le corps et le prénom de sa grand-mère Cynthia inscrit sur son avant-bras droit. Son visage était autant maquillé qu’un camion volé avec un piercing Monroe pour accentuer la référence aux années 60. Un énorme chignon sur la tête… Elle usait du trait d’eye-liner façon oeil de biche qu’elle épaississait jusqu’à l’étirer en forme de virgule au-delà de la paupière supérieure. Son style complètement déjanté n’a pas laissé indifférent Karl Lagerfeld qui en fit presque son égérie et qui comparait sa coiffure en forme de choucroute à celle de Brigitte Bardot dans les années 50. D’ailleurs, pour Karl Lagerfeld, la nouvelle Brigitte Bardot, c’était elle! Mais elle ressemblait davantage à une Brigitte Bardot passée du côté obscure de la force.

C’est dans l’intimité que se sont déroulées ses obsèques en ce 26 Juillet 2011 au cimetière Edgarebury de Londres. Au moment de l’incinération de la grande diva soul de ce troisième millénaire, difficile de ne pas penser à cette phrase de Curt Cobain : « Mieux vaut brûler franchement que de fâner lentement. » Sa vie, elle l’a peut-être brûlé dans l’alcool et dans la drogue. Mais son mal de vivre lui a inspiré ses plus belles chansons dont notamment son plus grand tube, Rehab, dans lequel elle parle de ses cures de désintoxications. C’est la souffrance qui inspire au poète ses chants les plus émouvants. C’est son désespoir amoureux et son mal de vivre qui nous a offert les plus belles chansons d’Amy Winehouse…

Le clip de Back to black met en scène la chanteuse en train d’assister aux funérailles de son compagnon. Cette situation est d’autant plus prémonitoire que ce fut le dernier clip de Amy Winehouse.

« We only said good-bye with words
I died a hundred times
You go back to her
And I go back to black.

On s’est seulement dit au-revoir avec des mots
Je suis morte des centaines de fois
Tu es retourné vers elle
Et je vais à nouveau sombrer. »

Quand on tombe amoureux, il est très difficile de se relever. La chute a peut-être été fatale à Amy Winehouse dont l’oeuvre musicale est là pour nous rappeler combien cette chanteuse est tombée bien… haut!




Fichier PPS : le songe d’un dieu ivre selon Heinrich Heine

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Mettre le son avant d’ouvrir le fichier PowerPoint ci-dessous :

Comme disait Pascal dans ses Pensées : « Qui sait si la vie n’est pas un rêve dont nous nous réveillerons tous à la mort ? » Guillaume Apollinaire écrivait aussi : « Il est grand temps de rallumer les étoiles. »
Le diaporama PowerPoint ci-dessous se situe entre la philosophie de Pascal et la poésie d’Apollinaire. On peut aussi évoquer Confucius qui rêva une nuit qu’il était un papillon. Et depuis cette fois, il ne savait plus très bien s’il était un philosophe Chinois ayant rêvé qu’il était un papillon ou bien un papillon en train de rêver qu’il était un philosophe Chinois.

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Critique du film MA PART DU GATEAU de Cédric Klapisch : la crise sur le gâteau

9042011

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Si l’argent ne fait pas le bonheur, le manque d’argent le fait encore moins! J’ai été déçu par Ma part du gâteau, le dernier film de Cédric Klapisch. En partant du constat que nous vivons dans un monde qui fabrique de plus en plus de profits et où de moins en moins de gens en profitent, le réalisateur de L’auberge Espagnole, des Poupées Russes ou de Paris s’est attaqué à une comédie sociale à l’humour grinçant sur fond de crise économique. Ce film met en exergue l’antagonisme entre la France d’en haut, incarnée par Gilles Lellouche et la France d’en bas représentée par Karin Viard. Il met en scène l’opposition entre Steve, un trader sans foi ni loi qui évolue à la Défense et France, sa femme de ménage, une ancienne ouvrière du nord licenciée suite à la délocalisation de son entreprise en Chine. Ma part du gâteau a autant pour but de divertir que d’avertir. En trouvant un ressort comique dans une situation tragique, Cédric Klapisch atteind son premier objectif grâce à des scènes d’anthologie servies par une Karin Viard au sommet de son art. On se rappelle au passage que c’est Cédric Klapisch, ce grand Pygmalion du cinéma Français, qui avait révélé Karin Viard dans son premier long métrage Riens du tout en 1992. En revanche, ce film n’atteind pas son deuxième objectif car il sombre dans les clichés et nous propose une vision manichéenne de la société : il enfonce des portes ouvertes. Le réalisateur pose à travers ce film la question de savoir si le capitalisme est moral. Autrefois à la Bourse, on avait des valeurs, maintenant, on a des voleurs! Le personnage de Steve est perverti par un système dans lequel les hommes ne travaillent plus les uns avec les autres mais les uns contre les autres. Le metteur en scène sombre dans les lieux communs en opposant l’individualisme des riches à l’action collective des pauvres. Les uns sont solitaires, les autres sont solidaires. Ma part du gâteau se laisse néanmoins manger avec délice car Cédric Klapisch applique la recette des comédies populaires à base de dialogues savoureux qui a bâti son succès depuis le début de sa carrière même si la fin du film vous laissera sûrement sur votre faim. Ma part du gâteau fait plusieurs clins d’oeil à Pretty Woman car c’est une comédie sur la mixité sociale. La femme de ménage incarnée par Karin Viard évoque la Cendrillon que campait Julia Roberts. Mais Gilles Lellouche incarne un personnage cynique qui est aux antipodes de l’archétype du prince charmant. Si le malheur des pauvres est de voir le bonheur dans les richesses, le malheur des riches est de ne pas l’y trouver. Avec Ma part du gâteau, Cédric Klapisch nous rappelle que l’argent n’est que la fausse monnaie du bonheur.







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